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Un gars,  deux filles …  nach Berlin


Gisèle, Solange et Frédéric avec Juliett Lima -

Toujours prête à aller voler sous d’autres cieux, Solange m’a proposé un voyage à Berlin à bord de JL,  au mois d’août, après sa semaine de navigation maritime bretonne (histoire de changer d’environnement). Fred Gilbert de retour d’une balade en Corse sur Cessna, se joignit à nous.

Nous avions prévu : Saint-Cyr, la vallée de la Moselle, Paderborn pour le premier pilote puis Paderborn direct Berlin pour le second. Après un grand stop à Berlin, descente vers la Bavière pour admirer les châteaux de Louis II de Bavière et escale à Friedrichshafen pour y passer notre dernière nuit allemande. Bien sûr, la météo en décida autrement et nous a obligée à faire le tour dans le sens inverse.

Départ le lundi 9 août en fin de matinée : je suis aux commandes direction les bords du lac de Constance. Mon plan de vol ? RBT, TRO, RLP, LUX, verticale Montbéliard Courcelles, HOC, cheminement le long du Rhin qui marque la frontière germano-suisse, Konstanz et Friedrichshafen.

Je contacterai Paris Info (tiens, c’est Henri Ruelle qui est à la fréquence et qui me reconnait), Bâle Info qui veille à ce que nous ne pénétrions pas la R45 active, la TMA de Luxeuil qui, à cette heure de repas, est heureusement bien tranquille lorsque l’on coupe les axes, la TMA de Bâle qui me rappelle à l’ordre au moindre écart de cap (il est vrai que nous passons au sud très près de  la ville et du terrain). Après la frontière, ce sera Zurich qui me demande de rester sous la TMA de classe C et de ne pas dépasser 3000 ft. J’étais à 3500 ft et je ne descends  pas assez rapidement pour la contrôleuse de Zurich qui m’envoie sur le VOR TRA en Allemagne (de l’autre côté du Rhin et plus sous la TMA zurichoise). Peu importe, car nous rejoignons rapidement le Rhin au-dessus d’une superbe chute à Schaffhausen et nous le suivons jusqu’à l’endroit où il sort du lac de Constance (Bodensee pour les Allemands). Spectacle grandiose : l’immense lac bleu griffé par les risées, couvert d’une multitude de voiles blanches, entouré de montagnes, le tout sous un ciel radieux.

Chute du Rhin

Le Rhin sortant du Lac de Constance


Nous passons la ville de Constance et traversons en direction de l’autre rive. Le contrôle de Friedrichshafen nous reporte sur le point N pour une longue semi-directe main droite piste 24.

Decollage-de-Friedschaffen

Après avoir refait les pleins de l’avion nous remplissons nos estomacs qui sonnent creux (il est plus de 16 h) en admirant les évolutions d’un dirigeable. Vers 17 h Fred décolle en survolant toute la ville de Friedrichshafen puis vire vers le sud le long du lac jusqu’au point S. Prise de cap est-sud-est vers la bordure des Alpes, survol des prairies bavaroises d’un vert tendre entrecoupées de bois d’un vert sombre et de petits lacs (moment de poésie). En approchant de Füssen, j’aperçois de très loin le château de Neuschwanstein tout blanc perché sur son éperon rocheux. Le second château (Hohenschwangau) tout jaune est aux pieds.

Après de nombreux virages turbulents pour les photos, nous continuons cap à l’est vers le Chiemsee pour trouver le dernier château tout en  surveillant les nombreux parapentistes qui s’en donnent à cœur joie. Le Chiemsee est le plus grand lac de la partie sud-est de la Bavière et là encore nous apercevons le château de très loin juste dans notre axe.

Neuschwanstein

Toute la Bavière est gérée par München Info qui a notre transpondeur et nous fiche une paix royale (peut-être quelques infos de trafic), à tel point que Fred s’ennuie et annonce notre passage sur un VOR ou travers une ville alors que le contrôleur n’avait rien demandé. Nous remontons maintenant vers le nord direction Nürnberg sous la classe C de Münich. Il n’y a plus ni vent, ni turbulences. Nous survolons le Danube à l’ouest de Regensburg (Ratisbonne) et attendons tranquillement Nürnberg.

Arrivés sur place, le contrôleur nous autorise illico en vent arrière main droite pour la piste 10. Mais il a sans doute mal apprécié notre vitesse par rapport à deux trafics commerciaux à l’arrivée (au QFU inverse !) et nous met en attente …. au-dessus de la ville de Nuremberg enchaînant les 360. Nous passerons la soirée dans la vieille ville un peu vide en ce lundi soir et mangerons des … saucisses de Nuremberg.

Nurnberg

Mardi matin, il fait toujours beau. Taxi pour retour à l’aéroport, contrôle de police et bureau pour prépa du vol (avec Solange, on connaît les lieux, c’est notre 2ème passage).


Décollage vers 11 h à destination de Berlin. Nous survolons une région très boisée et escarpée avec rivières encaissées et quelques châteaux sur des pitons rocheux. Nous commençons aussi à rencontrer des planeurs (la région est propice à l’aérologie qui leur va bien).
Solange voulait voir Bayreuth, elle nous fait donc une verticale. Nous sommes un peu surpris de la taille relativement petite de cette ville très connue.

 

Toujours vers le N, nous passons Hof, puis travers Gera et Jena (la Iéna de Napoléon), la banlieue Est de Leipzig très industrialisée. Après avoir croisé les axes de Leipzig-Halle (assez loin mais impossible de ne pas les voir),  nous survolons un parc national dans lequel l’Elbe s’étale paresseusement en multiples boucles.

Tempelhof

Berlin approche. Depuis la fermeture de Tempelhof, il n’y a plus de terrain d’aviation générale à Berlin. Nous allons à Strausberg, terrain à l’Est de Berlin (piste en dur et piste en herbe pour les planeurs) doté d’un terminal tout neuf, à ¼ h à pied de la gare d’où le train -omnibus- nous mène en 50 mn au centre de Berlin.

Solange, qui adore les situations un peu compliquées alors qu’elle pourrait faire plus simple, a décidé de rejoindre Strausberg par le transit dans la TMA de Berlin (en contact avec Schönefeld le grand terrain au sud). Au sud-ouest, l’on emprunte l’ancien cheminement de Tempelhof que l’on dépasse, puis l’on remonte nord-est jusqu’à une voie ferrée que l’on suit plein est jusqu’à Strausberg. Fred et moi n’avons pas les yeux assez grands..

Si vous vous décidez à aller à Berlin, n’hésitez pas, posez vous à Strausberg car vous y serez chouchoutés. Le seul point noir, le terrain est Afis et la radio se fait en allemand uniquement mais cela changera peut-être un jour. Bien que germanophone, Solange n’est quand même pas très familiarisée avec la phraséo allemande. Elle avait donc, au préalable, révisé le vocabulaire et préparé tous ses messages par écrit. Nous garons et attachons soigneusement JL car nous prévoyons de repartir seulement dans trois jours. L’agent du bureau de piste nous conduit à la gare avec tous nos sacs après nous avoir donné l’horaire du prochain train et vendu les billets (l’efficacité allemande). Il nous propose même, pour notre retour, de lui téléphoner quand nous serons dans le train afin qu’il vienne nous cueillir à la gare.

CharlieNous débarquons au centre de Berlin à Friedrichstrasse Banhof (répétez dix fois sans bafouiller) et après avoir pris possession de notre chambre d’hôtel (merci Solange pour la résa), nous partons à la découverte « du » lieu touristique : Check Point Charlie. Nous nous restaurons, encore vers 16 h, d’une curry wurst arrosée d’une bonne bière (pour ce qui me concerne) assis sur des transats au soleil sur le sable d’une « plage » berlinoise.

 

Nous marchons vers Potsdamer Platz sur laquelle a été conservé un morceau du mur de Berlin recouvert de ses graffitti et terminons la journée à la porte de Brandebourg. Le lendemain matin promenade en bateau sur la Spree d’où nous pouvons admirer les bâtiments anciens (le Reichstag et sa superbe coupole vitrée) mais aussi les édifices modernes sortis de l’imagination débridée des divers architectes. L’après-midi direction « Unter den Linden » puis l’église de Guillaume 1er surnommée « la dent creuse » (c’est la partie quelque peu abîmée ayant survécu aux bombardements). Un peu fatigués de marcher, nous montons dans un bus et y restons jusqu’au terminus dans Berlin Est. Même si les immeubles ont été réhabilités, on voit nettement que l’on est dans l’ancien Berlin Est. Retour par le même bus jusqu’à Alexanderplatz (couramment appelée Alex)  immense place très animée entourée d’immeubles de verre abritant bureaux et de nombreux magasins aux enseignes célèbres. Nous flânerons ensuite sur le Ku’damm (Kurfürstendamm) avenue très chic et très chère avant de dîner à la terrasse d’un des nombreux restaurants qui bordent la Spree.

 Des touristesLe jeudi sera consacré presqu’exclusivement au superbe Pergamon Museum. Les Allemands ont effectué les fouilles de la ville de Pergame en Mésopotamie. Ils en ont rapporté des pièces uniques et remonté intégralement certaines portes ou allées (porte du marché de Milet ou porte d’Ishtar). Nous passons ensuite dans  les salles égyptiennes et admirons le superbe buste de Néfertiti avant de déguster un « menu égyptien » au restaurant du musée. En fin d’après-midi, de retour à l’hôtel, nous accompagnons Fred et son ordinateur au café wifi en face pour étudier la météo du  lendemain mais nous savons déjà qu’un front froid s’approche. Effectivement, à 19 h il tombe des trombes d’eau, il fait presque nuit et les rues se vident.

Vendredi 13 août 2010 : nous avons prévu d’être à Saint-Cyr ce soir mais l’avion est encore réservé en spare le samedi,  j’ai briefé mes élèves du week-end et certains ont l’autorisation de voler en solo si je ne suis pas rentrée. Solange n’a pas d’impératifs pour le week-end mais Fred si. Etant donné le passage du front la veille et la couche nuageuse que nous pouvons voir du sol, nous sommes « préoccupés » bien que les prévisions de la veille présageaient que le vendredi serait la meilleure fenêtre MTO pour rentrer - et l’on peut dire aujourd’hui que c’était juste car le week-end du 15 août a été catastrophique.

Métro et train pour rejoindre Strausberg. Notre « taxi » nous attend et nous nous retrouvons dans la  petite aérogare de  EDAY. Paiement des taxes d’atterrissage et parking (17,50 € pour 2 jours ½). L’agent nous sort la MTO et les notams sur notre route en Allemagne que nous traversons presque complètement d’est en ouest.

Solange prévoit de faire la première branche et moi la seconde jusqu’à Spa en Belgique. Elle prépare toute la nav (de VOR en VOR) et je dépose le plan de vol. Nous ne ferons pas d’escale pour changer de pilote car à mi-chemin, sur le VOR de Warburg, elle me passera les commandes à droite (pratique).

Décollage de Strausberg vers 12 h (en allemand), nous passons rapidement avec Schönefeld  et demandons l’autorisation de faire le transit de Berlin. Nous ne sommes pas certains de l’obtenir car il n’y a que 1700 ft de plafond et selon l’agent de Strausberg le transit ne se fait  pas en dessous de 2000 ft. Petite hésitation du contrôleur puis il nous demande de rappeler sur E … yes !  Assez rapidement le plafond monte et la visi s’améliore grandement.

Re-survol d’une partie de Berlin dans l’autre sens et direction Braunschweig via le vor HLZ. Pendant quelque temps nous avons même un peu de soleil mais la visi va retomber lorsque nous sommes en route sur le vor DLE (au SE d’Hanovre). Bremen Info nous demande de contourner la zone R 74 active du sol à 7000 ft. Merci  le GPS.

De DLE cap SSO sur le vor de Warburg au NO de Kassel à  une extrémité du massif du Harz où, l’après-midi avançant, la traîne du front froid devient active avec de nombreux grains nous obligeant à quelques légères altérations de cap.
Nous arrivons dans la partie Ouest de l’Allemagne en route sur GMH et le relief remonte vers 2000/2500 ft (vallées encaissées, régions boisées parsemées de lacs).  Sur le vor de Cologne (il s’appelle COLA)  nous prenons un cap ouest passant au sud de la ville de Bonn. Nous croisons les axes de Bonn-Engelard avant de survoler le Rhin au nord de sa célèbre vallée encaissée (pas le temps d’y aller, cela pourrait être le but d’un prochain voyage).

Encore une vingtaine de minutes de vol avant la frontière belge. Un grain costaud m’oblige à un nouveau détour lorsque la contrôleuse de Langen Info nous demande de prendre plus au nord pour contourner une zone militaire s’étendant jusqu’à la frontière du sol à 17000ft (pour parer à une éventuelle invasion de  l’Allemagne par la Belgique ?). Nous survolons la région des Hautes Fagnes très boisée. En vue de Spa, l’agent Afis nous annonce une activité de parachutage sur l’AD et nous apercevons les avions largueurs. J’allonge mon tour de piste pour laisser tout le monde descendre (ce qui nous fait tangenter la ville de Spa et son établissement thermal). En finale sur la piste 26  (en usage comme ils disent en Belgique)  je vois un nouveau paquet de parachutistes descendre très très vite vers leur cible qui se trouve à quelques mètres du bord de la piste. Instinctivement, je me déporte sur la côté opposé de la piste mais rien à craindre, ce sont des pros qui ne ratent jamais leur cible. Au sol, nous avons appris que pendant 3 jours, l’aérodrome accueillait une compétition de niveau international.

Après 3 h 45 de vol depuis Berlin, nous faisons les pleins (sous un autre grain) et allons garer JL sur le parking « en pente » (obligation de mettre des cales disponibles sur le bord). Nous sommes dans les Ardennes et le terrain est étagé : au plus bas, la piste, sur un 2ème niveau le parking avec les hangars, le bâtiment du contrôle et la zone avitaillement et sur un 3è niveau, l’entrée de l’AD avec un parking voitures et un restaurant pourvu d’une immense terrasse dominant l’ensemble, le tout au milieu des forêts. Bucolique à souhait.

Les formalités accomplies comme d’habitude il est 16 h passées et l’on n’a presque rien avalé depuis le petit déjeuner. Sandwich en admirant les virtuoses du parachute qui font des arrivées impressionnantes d’adresse, de vitesse et de précision.

Fred décolle JL (un peu après 18 h) direction la maison par le nord de Paris. La visi est excellente et depuis Spa nous voyons le panache de vapeur de la centrale de Chooz près de Charleville.

Nous survolons toutes les Ardennes belges (là où il n’y a que des zones militaires sur la carte) sans rencontrer âme qui vive. Nous arrivons sur une boucle de la Meuse puis c’est la verticale de Charleville-Mezières en route sur le vor de Reims, verticale de Reims Champagne en route sur Boursonne (qui ne fonctionne pas). Sur ce tronçon, nous passons au nord d’un énorme cunimb qui couvre une bonne partie de l’est parisien presque jusqu’à Reims mais qui a l’élégance de ne pas nous barrer le chemin.

Fred est en train d’arrondir en 29 G quand Léa annonce la fin des services du contrôle car il est 20 h. Tout en contrôlant son avion après atterrissage, encore sur la piste,  il lui demande de bien vouloir clôturer notre plan de vol, ce qu’elle accepte gentiment.

Voilà : nous sommes partis cinq jours comme prévu et nous avons survolé, vu et visité ce que nous avions envisagé – mais nous avons eu une bien meilleure météo à l’aller ce qui me laisse un goût de paysages volés sur le trajet de retour. Chacun a piloté entre 4 h ½ et 5 h et a fait la radio en anglais. Et pour oublier la nourriture allemande qui est un peu le point négatif de ce voyage, Solange nous a emmenés dîner dans un bon restaurant asiatique à St Cyr où nous nous sommes régalés de sushis et autres sashimis.

Gisèle.

 

 

 

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