Cap Nord. 1° au 11 juin 2004
Ce
n’est pas tout à fait par hasard qu’avec deux autres pilotes des Alcyons nous
avons décidé d’aller au Cap Nord. L’un des deux pilotes y était déjà allé en
1995, mais était revenu passablement frustré, tant les conditions météo avaient
été mauvaises, ce qui est classique dans ces régions. Nous avons eu plus de
chance cette fois-ci et avons pu, malgré quelques déroutements au retour,
profiter dans de bonnes conditions météo (mai et juin sont théoriquement les
meilleurs mois) de paysages totalement inhabituels et fantastiques.
1er JUIN : SAINT CYR
Cela commence mal ! La météo étant épouvantable, le départ est reporté au lendemain.
2 JUIN : SAINT CYR-KOLDING (Danemark)
Le matin n’est guère mieux, mais la météo est confiante pour l’après-midi. Donc décollage vers 15h pour Valenciennes pour refueller, car avons préféré décoller « léger » de Saint Cyr à cause du terrain gras. Le temps n’est pas terrible. Nous avons la surprise à Valenciennes de voir se poser juste derrière nous, en déroutement météo, le B17-G « pink lady » de l’association « forteresse toujours volante », basé à Orly, qui en profite lui aussi pour avitailler. Le plein, pour lui, c’est 10.000 litres de100LL !
Nous redécollons à 17h30 avec un première partie de voyage au dessus de la Belgique, des Pays-Bas et de l’Allemagne plutôt entre 700 et 1000 pieds, car il y a un front peu actif à traverser. Heureusement il y a peu de relief, mais pas mal d’antennes et d’éoliennes et faut être très vigilant . Comme prévu, nous arrivons au Danemark avec le soleil et nous posons à Kolding à 21h30 (CS à 21h54).
Un membre du club, garagiste de son état, nous accompagne gentiment vers des "bed & breakfast" qu'il connaît, mais malheureusement, les chambres proposées n'ont que des lits doubles. Il nous dépose finalement dans un hôtel au centre ville, le Saxildhus, avec un restaurant juste en face.
3 JUIN : KOLDING-LULEA (Suède)
Nous avions prévu de remonter par la côte ouest de la Norvège et d’aller de Kolding à Bergen (Norvège). L’agent AFIS de la tour nous ayant permis d’accéder à un dossier météo très complet et très décourageant, nous devons choisir une autre option par la côte Est de la Suède ce qui ne nous rallonge guère, d'autant que nous avions envisagé d'utiliser cette route, mais pour le retour...
Nous remontons donc jusqu’à la pointe nord-est du Danemark (Skagen) et tirons tout droit sur Gavle en Suède, pour refueller. En route nous survolons l’immense lac du Vanern et des paysages également immenses de forêts et de lacs. Si l’ensemble paraît peu habité, en fait tous les lacs sont bordés de chalets où les Suédois citadins viennent passer les week-end.
A partir de Gavle, nous suivons la côte très découpée mais assez plate jusqu’à Luléa au fond du golfe de Bothnie. Le temps s’est considérablement rafraîchi et à 23h le soleil disparaît juste derrière l’horizon et il fait toujours grand jour.
Un taxi nous dépose à un hôtel en ville. Après un dîner dans un restaurant curieusement dénommé "Corsica", nous allons sur une péniche amarrée dans le port, bourrée de buveurs de bière, surveiller "l'arrondi" que fait le soleil de minuit au dessous de l'horizon, juste après 23h. Effectivement, il remet bien les gaz largement juste après s'être posé.

4 JUIN : LULEA-TROMSO (Norvège)
Notre plan de vol Luléa-Honningsvag (le terrain du Cap Nord) nous est refusé car ce terrain n’est pas douanier, ce qui ne nous contrarie qu’à moitié car il n’y a pas d’essence non plus. Nous décidons donc d’aller à Alta pour refueller, puis d’aller survoler le Cap Nord et de faire ensuite escale à Tromso. Deuxième surprise : après mise en route, le contrôleur nous demande si nous avons un téléphone mobile à bord. Comme c’est le cas, il nous demande de le rappeler (pour ne pas encombrer la fréquence, mais surtout ne pas nous obliger à retourner au terminal, ce qui est plutôt gentil) car il y a un problème sur notre plan de vol. En fait, il nous demande les coordonnées géographiques exactes de nos point de report, car la Laponie est une zone inhospitalière et les noms de lacs ou autres repères du même genre, ne sont pas assez précis pour eux, en cas de recherche. Nous nous mettons au travail dans l'avion, puis téléphonons au numéro indiqué pour préciser les coordonnées géographiques.
En Norvège, sauf pour la Laponie, les plans de vol ne sont pas obligatoires mais recommandés. En fait, comme on est en permanence en contact avec un contrôleur, qui nous suit au transpondeur et que toutes ces régions ne sont pas à proprement parler hospitalières, c’est une bonne sécurité, pratiquement sans contrainte, car on est parfaitement libres d’aller presque où l’on veut. Les altitudes que nous utilisons en route n’interférant en rien avec les trafic IFR toujours à des niveaux supérieurs au 115.
L’étape Luléa-Alta au dessus de la Laponie avec le soleil est magnifique. C’est une étendue immense faite de lacs encore en partie gelés et de montagnes peu élevées enneigées où l’on peut parcourir des distances impressionnantes sans voir la moindre trace d’occupation humaine.
Nous surveillons les coordonnées géographiques qui s’affichent sur les GPS (chacun le sien, plus celui de l’avion….) pour guetter le moment où nous franchissons le cercle polaire nord (66° nord).
Après avoir refuellé à Alta, et avalé un sandwich-café, nous « montons » vers le Cap Nord, via le terrain d’Honningsvag. Nous survolons des paysages grandioses faits de montagnes découpées et toujours enneigées, d’environ 1000 mètres d’altitude se jetant dans la mer. Dans les parties les plus basses on voit de nombreux petits ports de pêche aux maisons en bois multicolores. On imagine mal ces paysages en hiver, couverts entièrement de neige avec la mer totalement gelée et une nuit quasi permanente pendant quatre mois.
Le Cap Nord proprement dit, l’extrémité nord de l’Europe, est une falaise verticale d’environ 300 mètres de haut qui plonge dans la mer. Le dessus de la falaise très plat est surtout un immense parking, rempli de bus amenant les nombreux touristes vers ce lieu hautement symbolique. C’est malgré tout avec une certaine émotion et une grande satisfaction que nous faisons trois 360° autour.
La suite du vol vers Tromso le long de la côte, toujours sous le beau temps, est un régal avec les nombreux fjords et toujours l’arrière plan de montagnes enneigées.
A Tromso, surprise: pas une seule chambre disponible. Il s’y déroule une manifestation du genre de la fête de la musique. Les pompiers de l’aéroport nous aident à trouver refuge dans un camping, en fait de sympathiques petits bungalows, en bois peint en rouge, situés en lisière de ville et de forêt, au bord d'une rivière. Une pizzeria non loin de là (l'Allegro) fera l'affaire et avant d’aller nous coucher, nous attendons minuit pour constater que le soleil reste bien au-dessus de l’horizon.

5 JUIN : TROMSO- SVOLVAER (Iles Lofoten)
Cette fois-ci, nous déposons notre plan de vol par téléphone. Pour nous poser aux îles Lofoten, nous choisissons parmi les trois disponibles, le terrain de Svolvaer, la ville principale. Il fait un peu gris, mais c’est largement volable. Comme nous sommes ici pour faire du tourisme, nous faisons un grand détour vers l'extrême ouest de ce chapelet d’îles magnifiques, chacune ayant un ou plusieurs petits ports de pêche aux maisons en bois peintes de différentes couleurs. Le paysage ressemble un peu à la Bretagne avec des îles très découpées, mais avec en plus des montagnes d’environ 1000 mètres toujours enneigées. La plupart des îles sont reliées entre elles par des ponts ainsi qu’à la côte norvégienne. C’est vraiment superbe avec en plus des fonds marins de toute beauté, avec des tons de verts dignes des mers tropicales. L’approche sur le terrain entouré d’eau de tout côté avec des montagnes en toile de fond restera un de nos meilleurs souvenirs de pilote.
Un partie de la ville dont l’activité principale est la pêche (et le tourisme) est construite sur pilotis en bordure de la mer avec des maisons peintes en rouge. Non loin du centre on y voit d’immenses séchoirs où sont accrochées des milliers de morues. Selon le sens du vent odeurs fortes garanties.
L’après-midi, nous allons en taxi visiter Kabelsvag, un village de pêcheurs plus typique et revenons à pied le long de la côte, où nous découvrons sur la mer d’immenses parcs à saumons.
Nous nous hébergeons au « Svolhus camp » petit hôtel tout en bois,où les chambres, sur pilotis également, font face au port. Tous les restaurants de la ville affichent complets. Fatigués de tourner en rond, nous échouons un peu par hasard dans un hôtel (le Rica) qui s'avère non seulement être un restaurant, mais aussi un bon restaurant, avec une table-la nôtre en figure de proue au dessus de la mer, et un buffet avec enfin du poisson
Après minuit, nous tenons à vérifier à nouveau que le soleil ne se couche pas et rentrons dormir à l'hôtel, dont les minces rideaux aux fenêtres n’empêchent pas la lumière de pénétrer. Le sommeil tarde à venir, d'autant qu'un front passe au dessus de nos têtes et fait chanter la pluie.

6 JUIN : SVOLVAER-TRONDHEIM
Il fait toujours beau. Les formalités de départ sont assez longues car d'une part nous arrivons, en taxi, à l’aéroport bien avant son ouverture (12h, il faut le savoir), et en attendant, nous préparons notre vol assis par terre, dans le froid et l'humidité, et d'autre part, ce terrain a la particularité étonnante d'avoir sa tour non sur le terrain, mais sur une colline distante d'environ 600 mètres et c’est là qu’il faut grimper pour la météo et le plan de vol. De là haut, la vue à 360° sur les îles environnantes est époustouflante
Vol sans histoire en longeant la côte, où nous survolons un grand nombre d’aéroports, puis c'est l'arrivée sur celui de Trondheim, niché tout au fond d'un large fjord. Au sortir de l'aérogare, nous sautons dans un bus qui démarre immédiatement pour le centre ville. Il nous laisse devant la porte de notre hôtel, le Tulip-Rainbow. Pas possible d'espérer un transfert plus rapide. Nous dénichons un bistrot agréable près d'un pont à bascule moyenageux, sur une barge flottante, ressemblant aux entrailles d'un navire en bois du 18ème siècle. Encore une fois, pas de restaurant qui ressemble à un restaurant. Nous nous rabattons sur l'Egon, finalement pas trop mal, mais cher. Nous désirons ensuite arroser"notre" Cap Nord dans un bistrot recommandé par le Guide du Routard, sur les quais, mais celui-ci est fermé. Nous nous contentons d'un verre d'aquavit l’alcool local, dans le bistrot situé juste en face de notre hôtel. Nous n’avons pas le droit de boire sur la terrasse (car l'alcool y est interdit, à l'inverse des cigarettes) pourtant bondée malgré la température qui nous paraît plutôt fraîche. Il est 23h30, le soleil fait mine de se coucher, mais un semblant d'aurore persiste toute la nuit.
7 JUIN : TRONHEIM-ALESUND
Nous reprenons en face de l'hôtel, à 10h, le bus qui nous amène à l'aéroport.
La première partie du vol se déroule comme prévu entre Trondheim et Alesund, toujours en longeant la côte, toujours aussi féérique avec ses nombreuses îles et les fjords s’enfonçant loin dans les terres.
Après avoir refuellé et déjeuné à Alesund, nous repartons pour Bergen, étape prévue initialement. La météo n’est pas terrible, mais les plafonds annoncés entre 800 et 1100 pieds semblent suffisant pour un transit côtier, l’altitude minimum autorisée en Norvège étant de 500 pieds. Nous survolons Alesund. Mais peu après, vers Floro, nous sommes contraints de faire demi tour pour revenir nous poser à Alesund qui reste dégagé. Un taxi nous emmène à un hôtel (le Brosundet) sur le port. Pour ce faire, il emprunte un long tunnel qui présente, chose que nous n'avions jamais encore vu, un carrefour souterrain de tunnels. Notre chambre a la vue sur le même port. Dès notre arrivée, la pluie arrive aussi. Comme d'habitude, nous avons du mal à trouver un restaurant qui donne envie de manger. Finalement, nous en trouvons un tout près de l'hôtel, le Kranbua, joliment décoré de divers objets anciens (outils, photos, appareils photos..) et qui sert entre autres plats locaux du steak de baleine.
La météo sur le serveur de l'hôtel nous dit que le front devrait passer cette nuit.

8 JUIN : ALESUND-BERGEN
Avec le beau temps revenu, c’est sous le soleil qu’en route vers Bergen, nous faisons un grand détour en remontant le Sogndal, un des plus grands fjords de Norvège, qui s’enfonce de 200 km à l’intérieur des terres. Véritable bras de mer très large, avec des montagnes encore enneigées d’environ 1000 mètres de chaque côté, avec de nombreux glaciers, des cascades, des à-pic impressionnants, c’est une merveille. Le vol très calme nous permet de profiter doublement du spectacle. Le vigilance s’impose cependant car des lignes à haute tension, mentionnées sur les cartes, traversent le fjord à plusieurs endroits. Au fond de ce fjord, nous découvrons le terrain d’Hermansverk, avec sa piste en dur accrochée au flanc du fjord. Nous voudrions bien couper directement sur Bergen, mais les nuages accrochent toujours les reliefs et nous sommes contraints de revenir le long du fjord et de suivre la côte. De l'aérodrome, nous avons maintenant pris l'habitude d'utiliser le bus pour aller en ville, mais celui-ci tombe en panne, ce qui nous laisse le temps de trouver par téléphone deux chambres au Crowded Hotel.
L’après-midi à Bergen est consacré à la montée sur l'Ubriken, par le téléphérique, puis la visite du port et de la ville médiévale, classée au patrimoine mondial, faite de maisons en bois toutes peintes de couleurs vives.
Nous trouvons enfin un excellent restaurant, le Dickens.
9 JUIN : BERGEN-ODENSEE (Danemark)
La météo nous ayant annoncé la veille une dégradation par l’ouest, nous nous levons aux aurores pour aller prendre un petit déjeuner rapide. Puis, nous reprenons le bus pour l'aéroport. Le prévisionniste nous conseille de filer directement vers Kristiansand via les montagnes et non de longer la côte où le mauvais temps est installé. Conseil judicieux qui nous permet de gagner la côte sud de la Norvège, à Kristiansand, puis Thisted, au Danemark avec une traversés maritime pratiquement toute à l’horizon artificiel, le ciel et la mer étant uniformément gris. Nous décidons de poursuivre vers Odense, grande île à l’est du Danemark, afin de laisser passer la perturbation annoncée et qui arrive effectivement juste après notre atterrissage.
Et encore une fois, pas de chambres libres en ville. Nous trouvons finalement deux chambres d'hôtes dans une jolie maison, en pleine campagne. La ville très animée, se vide brutalement à 18h.

10 JUIN : ODENSEE- ROTTERDAM
Après une première partie de vol sans histoire, nous avons refuellé et déjeuné à Texel (Pays-Bas). C’est un terrain en herbe comme on les aime, avec un accueil comme on n’en fait plus, par un jeune contrôleur, très dynamique. Il note et photographie les passages d’avions étrangers. Quelle n’a pas été notre surprise en visitant le site de l’aérodrome (www.texelairport.nl) au retour, d’y découvrir une photo de notre avion.
Texel est une île typique de la Frise avec beaucoup de charme et c’est une destination que je recommande vivement pour un week-end en avion.
Nous avons repris le vol en début d’après-midi avec Saint Cyr comme objectif. Mais en fait, les conditions se dégradant, voler même sans relief notable à 500 pieds n’est pas très rassurant, nous avons choisi de nous dérouter vers Rotterdam qui passait des plafonds corrects. Même si comme nous le craignions, le coût du handling (134 euros) est plutôt élevé, il s’est révélé inférieur au coût d’un vol retour vers Texel (1h30 de vol aller-retour). Le handling sur ce genre de terrains est plutôt destiné aux pilotes de jets d’affaires qu’aux modestes pilotes privés. Il s’est montré à la hauteur du prix, avec entre autres salle de briefing de luxe, une hôtesse pour le café et même une autre, en tailleur Chanel bleu, pour mettre des cales à l’avion.
11 JUIN : ROTTERDAM-SAINT CYR
Après la soirée et la nuit passée à Rotterdam, retour au terrain avec une météo pas terrible. Nous parvenons cependant à gagner Lille-Lesquin où nous passons verticale à 700-800 pieds. Mais plus au sud cela se dégrade et nous revenons nous poser à Lille, où le contrôleur est très coopératif. Ce dernier a laissé l’éclairage haute intensité, allumé pour l’Airbus d’Air France qui se pose juste devant nous. Coût de la taxe 3,12 euros c’est donné! Nous passons à la météo où la prévisioniste nous explique sans rire, qu’il y a 1000 pieds de plafond dans le secteur sud, alors que nous en revenons et que c’était plutôt 500 pieds ou moins. Elle nous indique également que le temps n’est pas terrible pour Saint Cyr avec des orages sur Saint Quentin. Nous décidons d’attendre et repartons en milieu d’après-midi. Le temps n’est pas terrible en route, avec seulement 900 pieds à la verticale d’Amiens, mais cela s’améliore après et nous arrivons enfin à Saint Cyr avec le soleil.

RENSEIGNEMENTS PRATIQUES
Le DR 400-160 cv est vraiment l’avion idéal pour ce type de voyage à condition de n’être que trois, car il dispose en croisière économique d’une autonomie de 6h avec les pleins complets, plus que suffisante.
Au total, nous avons effectué 38h30 de vol, parcouru 3.700 nautiques, avons consommé 31,5 litres à l’heure et effectué une moyenne de 178,5 km/h.
Pas de difficultés majeures à surmonter. Il faut se montrer souple en ce qui concerne le trajet pour s’adapter à la météo, être préparé au déroutement et se donner du mou pour le retour.
Comme pour tous les vols à l’étranger une bonne pratique de l’anglais aéronautique est nécessaire, mais les contrôleurs sont plus faciles à comprendre et bien plus accueillants que par exemple en Italie et en Espagne. De plus, dans les trois pays visités (Danemark, Suède et Norvège), tout le monde parle Anglais.
Les cartes VFR au 500.000 sont disponibles et comme le contrôle nous dit quoi faire (ou ne pas faire) les navigations sont assez simples. Cependant, les transits côtiers demandent pas mal de vigilance, car avec les nombreuses îles et bras de mer on a vite fait d’avoir du mal à se repérer. D’où l’utilité des GPS avec cartographie, mais avec vigilance cependant, car dans les bases de données Garmin, bon nombres d’îles proches de la côte, de taille et d’altitude non négligeables (supérieure à 1000 pieds) ne sont pas mentionnées, ce qui peut constituer un réel danger quand il ne fait pas beau et que l’on se croit en sûreté à 500 pieds au-dessus de la mer.
Le « trip kit » de Jeppesen, jeu complet des cartes des terrains pour le Danemark, la Finlande, la Norvège et la Suède est indispensable.
Nous nous étions interrogés longuement sur l’emport d’un canot de sauvetage, mais nous y avons renoncé devant la difficulté pour en trouver un et le tarif prohibitif. Même si les chances de survie en cas d’amerrissage forcé dans des eaux glaciales sont assez faibles, on peut espérer si le posé s’est effectué correctement, gagner une côte rapidement, car mis à part la traversée Danemark-Norvège (une centaine de km avec de l’eau plus chaude) on n’est jamais en vrai survol maritime. Même si l’on est la plupart du temps au dessus de l’eau, on peut gagner facilement une côte en plané. Et puis c’est bien connu, le moteur ne sachant pas qu’il est au-dessus de l’eau, n’a aucune raison de s’arrêter là plutôt qu’ailleurs !
Tous les pays traversés appartenant à la zone Shengen, il n’y a pas de formalités de douane et d’immigration. En revanche il est fait obligation après passage des frontières, d’atterrir sur des terrains dits « internationaux » où de toute façon, on ne nous jamais rien demandé.
En revanche, s’ils font partie de l’union européenne, ce qui n’est pas le cas de la Norvège, le Danemark et la Suède ne font pas partie de la zone euros, donc il a fallu changer des euros en permanence.
Pour tous les vols nous avons choisi de déposer des plans de vol, même lorsque ce n’était pas obligatoire. De toute façon nous étions suivi en permanence par le contrôle, que l’on reçoit fort et clair partout sur le territoire.
Ces pays, particulièrement la Norvège possèdent un réseau dense de terrains (c’est en hiver le seul moyen de transport utilisable, donc vital) bien équipés et disposant tous de 100L, avec souvent de jeunes contrôleurs, parlant bien l’Anglais et qui font tout pour vous aider. Les arrivées se font généralement via les points d’entrée publiés. La seule difficulté est de comprendre les noms de ces points, car il y a parfois une grande différence entre le nom norvégien tel que nous Français le lisons et la façon locale de le prononcer.
Les taxes d’atterrissage sont assez élevées, de l’ordre de 30 à 40 euros, mais certains pays dont la Norvège proposent une carte forfaitaire (80 euros environ) valable 7 jours, vite rentabilisée.
Attention : le Danemark exige des plafonds de couverture d’assurance, supérieurs à ceux des autres pays et il faut contacter l’assureur de l’aéroclub pour négocier une extension de garantie.
Pour les visites, le « guide vert » est très agréable et il existe un guide unique très pratique, pour le Danemark, la Suède, la Finlande et la Norvège.
Pour l’hébergement, hors de la période des grandes vacances, avec le « guide du routard », on trouve sans problème à se loger sans avoir réservé. Dans les aéroports on trouve toujours des personnes qui vous aident et il ne faut pas hésiter à aller dans les « camping » où l’on trouve de charmants bungalows en bois avec tout le confort et même des cafétérias. L’hébergement est plutôt cher dans les hôtels, mais nous avons réduit ce poste en partageant une chambre à trois, ce qui a toujours été possible, avec l’adjonction d’un lit supplémentaire.
La nourriture est chère également et pas toujours terrible, sauf à aller dans les « fast food ». Paradoxalement, tous les restaurants qui servent du poisson ou des fruits de mer sont hors de prix.
Je reste bien évidemment à la disposition des pilotes qui souhaiteraient des informations complémentaires.
J.-Y. Bâcle et Jacques Van Praag
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