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La Corse en Mai 2008

Jeudi matin. On y va ?

Nous étions 16, dont 15 pilotes, deux instructeurs. Rendez-vous habituel "à la fraîche" au club house, à 7h pour les plus ponctuels (je ne donnerai pas les noms !).

LFPZ est encore humide, une petite couche de brume recouvre l'herbe haute du terrain. Le couple de renards ne doit pas être bien loin, tandis que les pilotes s'organisent, les uns pour les préparatifs en salle (dossiers météo, NOTAM, répartitions des cartes dans les avions), les autres à l'extérieur pour préparer les machines.

Chacun a suivi une petite tache qui lui était attribuée, un bon moyen pour ne rien oublier et gagner du temps.

 

La journée va être assez longue, nous prévoyons trois branches, Saint Etienne, puis Cuers et Ajaccio.

 

 

Briefing

8 heures. Briefing avant le départ. La météo est relativement bonne ce jeudi, rien de particulier sur le parcours à signaler, si ce n'est le survol des fameuses ZIT longeant le Rhône à respecter. De plus, nous sommes en semaine, les zones militaires seront sûrement actives. A moins que... la fonction publique est en grève ce jour là, alors tout commence avec la météo, qui n'est pas disponible partout, heureusement les METAR et TAF automatiques sont là.

La météo pour le week-end, elle, est moins réjouissante. Lors du briefing, nous savons que nous prenons le risque propre au vol VFR, ne pas pouvoir revenir dimanche soir à Saint Cyr comme prévu. De concert, tout le monde accepte de partir ! Nous verrons bien, au pire, nous rentrerons le samedi ?

Dernier point : nous sommes 5 avions en colonie. Donc, nous voyagerons ensemble vers les mêmes étapes, en prenant soin de voler selon les capacités du moins "à l'aise". Pas question de se challenger sur des questions météo ou autre.

9 heures, le retardataire pris dans les bouchons parisiens arrive, le départ est donné, sauf pour le Beech, moins rapide qui est déjà parti avec un peu d'avance. Direction Saint Etienne, que nous atteignons sans encombres après environ deux heures de vol. Le temps s'améliore, mais quelques nuages bouchent les sommets au sud de la ville vers 4500 ft. Nous les contournerons facilement au décollage, en passant par la vallée du Rhône.

Vol à vue : les ZIT...

Moins d'une heure après notre arrivée, nous sommes donc repartis, une nouvelle météo en poche. A peine sur le Rhône, chacun prend une trajectoire préférée. Un avion prendra la route de Gap, un autre suivra la vallée et ses belles ZIT, les autres passerons par les gorges de l'Ardèche (sous le contrôle d'Orange), merveilleuses, pour ensuite descendre vers Nîmes, les plages, la Camargue et suivre un transit côtier imposé parfois à 700ft pour le plus grand plaisir de Georges.

 

Petit clin d'oeil au pont du Gard, les Saintes Marie de la Mer, cette étape nous ravit !

 

Arrivée par la mer sur la presqu'île de Giens, le contrôle zélé nous fait remarquer que nous sommes dans une classe D sans clairance, alors que nous sommes bien en dessous me semble-t-il. Ne nous énervons pas, petit mot d'excuse, car même si l'on pense avoir raison, rien ne sert de parlementer sur la fréquence. Et ça passe bien mieux !

Cuers

C'est sous le soleil que nous attend la terrasse du restaurant de piste le Saint Tex.

Alors que quelques rares se demandent encore s'ils vont pouvoir revenir de Corse, d'autres apprécient goulûment la tarte au citron préparée maison. Surprise, nous y croiserons Daniel, instructeur au club, venu en piéton et en short nous saluer à Cuers !

 

 

 

 

Grèves et plans de vols...

Le café aidant la digestion de certains, nous préparons les plans de vol pour la traversée maritime qui arrive. Grève ? Mais qui parlait de grèves ? ...

Ah si... pour les plans de vols, même déposés sur internet, ça ne passe pas ! Il paraîtrait que ceux-ci soient ensuite transmis par fax... Et s'il n'y a personne pour mettre la feuille dans la machine, l'administration ne répond plus...
Donc, nous sommes 16, prêts au départ, mais sans plan de vol, cela ne passe pas. S'en suivent différents coups de fil, car sinon, nous voilà cloués à Cuers...

Le 0810 IFR VFR ne donne rien, les militaires présents sur l'AD ne veulent rien entendre... en revanche un super étendard dans le tour de piste, lui se fait bien entendre...

Finalement, notre salut viendra du contrôle d'Ajaccio qui voudra bien prendre nos plans en compte, par téléphone ! Nous sommes sauvés et nous voilà repartis.

Après une petite heure de vol au dessus de l'eau (chutt, nous ne l'avons pas dit au moteur..), sans condition VSV, Lerma, Omard et la pêche au Merlu, nous apercevons la terre.

Survols côtiers magnifique en passant par Piana, ses calanches, puis arrivée sur Ajaccio, les Sanguinaires, et finale face à la mer vers 18h00. Nous y voilà !

Alors que nous déchargeons tranquillement nos avions, nous croisons Nicolas Ivanoff, notre instructeur spécial pour les séances du lendemain. Par mégarde, certains se prennent à traverser la ligne "bleue", clôture électrique virtuelle qui nous sépare de la partie privée de l'aéroport... Il faut le voir pour le croire, mais la tour veille ! Pour repasser cette ligne peinte au sol, nous devons faire appel à "Chalumeau", le handling corse, qui sous sa responsabilité nous fera repasser cette ligne pour nous rendre avec son mini bus à l'aérogare.

Soirée près de l'AD au Best Western, tout neuf et peu dispendieux en chambres familiales.

Le lendemain matin, le soleil est radieux. Alors que certains prennent un peu le temps de se reposer avant d'aller en balade vers les Sanguinaires, 6 pilotes sont partants pour des séances de voltige avec Nicolas.

Un avant goût de Red Bull...

Au soleil depuis les transats de Corse Voltige, ou sous la bulle aux pirates, nous pourrons tour à tour voir évoluer le Cap 10 à la verticale LFKJ. Nous avions prévu les vols en Extra 200 flambant neuf, mais celui-ci n'avait pas encore le tampon de navigabilité sur son certificat. Peu importe, pour les situations inusuelles de certains, c'est déjà très bien, ce qui compte après tout, c'est le pilote !

 

Les plus téméraires demanderont à Nicolas des ruades, des hommes voire des femmes slovaques pour le meilleur des sensations de l'air. Un merci au passage à Nicolas pour son accueil, sa gentillesse, son frigo, et pour avoir pris le temps, avant de repartir pour le prochain Red Bull Air Race de Detroit, de bien vouloir faire voler les jeunes voltigeurs inexpérimentés que nous étions !

Dans l'après midi, nous nous retrouvons tous pour le départ autour de l'île, en passant par le sud et l'est. Arrivée vers 19h à Calvi de tous les équipages, tous prêts pour une nuit près de la citadelle.

Par chance un prévisionniste météo France est encore présent. Il nous conduit à prendre la décision de repartir sans attendre sur le continent, car le samedi, la MTO se gâte, et si nous sommes coincés, il n'y aura pas d'amélioration prévue avant 6 jours...

La décision est vite prise par les instructeurs, tout le monde est d'accord. Rebelotte, plans de vol, les pleins, et à 19h15, nous décollons tour à tour pour Cuers.

Plan de vol, quand tu nous tiens...

Bien au dessus de l'eau vers Merlu, Bastia nous informe que les plans de vol ne sont pas enregistrés. Quelques échanges insistants plus tard, Bastia a réussi à faire passer les plans via Nice contrôle, nous pouvons donc poursuivre vers Cuers où nous nous poserons autour du coucher du soleil.

Une traversée superbe au dessus de la couche de cumulus scattered / broken au FL65 avec le soleil couchant sur notre gauche.

 

 

Rencontre avec Doudou et son autogyre

Cuers, 21h15. L'AD est désert, sauf les moustiques qui eux sont bien là. Attaques organisées sur les molets, le chant des grenouilles en toile de fond.

Alors que personnellement je suis assez heureux d'être arrivé là avec tous les équipages et après une journée déjà bien chargée, certains ont l'estomac qui chante. Fort heureusement, un gîte providentiel nous accueille dans les montagnes d'oliviers. C'est Edouard, dit Doudou, pilote à Cuers avec sa soeur, qui nous ouvrent leurs portes et sa cuisine vers 23h !


Nous nous retrouvons à 16 autour de la table pour ce dîner improvisé, la bonne humeur est de mise et la détente est revenue !

7h30 le samedi, Doudou nous redescend vers l'AD où, sans petit déjeuner (sauf pour certains qui auront droit à une collation à bord grâce à Anne), nous décidons de repartir façon "scramble", vers 9h30. Le mauvais temps accroche les sommets, le survol de la côte ne sera pas possible.

Les "locaux" nous donneront le bon conseil de cheminer par la vallée jusqu'au Luc, puis de suivre l'autoroute jusqu'à Aix. Ensuite, le temps sera meilleur, nous sommes sauvés, au moins un certains temps...

C'est à Bourg que nous déjeunerons. Le restau est compréhensif, car bien que quasi fermé (nous n'avons pas confirmé la réservation), il nous trouvera un plat du jour pour 16, vital pour certains sans petit déj le matin !

Retour vers Saint Cyr vers 16h, sous une belle averse locale et quelques nuages bas, juste au sud des installations, histoire de pimenter un peu notre arrivée si cela était nécessaire... Le terrain, lui, est sous de bonnes conditions, nous décidons d'y aller.

Le dimanche, le sud de la France est sous les orages, le grand prix de Monaco sous la pluie, et la météo se montrera désastreuse pendant une semaine !

Fin d'un beau périple aéronautique d'environ 14-15 heures de vol !

 

Laurent

 

 

 

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