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Coatie - Mai 2005

 

Chaque année l'aéroclub organise de nombreux voyages, d'une journée à plus d'une semaine. Notre "grand voyage" de cette année avait pour but la Croatie. 12 membres du club ont participé à bord de 3 avions du 26 au 31 mai 2005. Voici le récit de ce périple écrit par chacun des participants.

Cliquez sur un personnage pour voir son récit...

 

St Cyr Montbeliard par Thierry Royer

Montbeliard Venise par Pierre Vermeersch (retour en haut de page)

Une destination pour deux, pourtant nous arriverons à 3 avions non sans des émotions pour le troisième.

Bref survol du Jura puis vue superbe sur le Lac de Lucerne,  après Altdorf on entre dans la « GAFOR septante deux » qui nous conduit au Gotthard Pass. Large vallée, versants encore enneigés, on bascule les ailes pour mieux voir…les serpentins de la route. 9500 pieds , il y a suffisamment de gaz sous l’avion en passant le col. Côté italien, on se laisse descendre en pensant aux prochains points de report : Lodrino, Arbedo, Mezzo,… Mais rapidement l’atmosphère change : grisaille, avec quelques masses nuageuses visibles mais imprécises. Décision à prendre : au-dessus ou au-dessous ?

Certains décident de passer au-dessous, le fond de vallée et les axes routiers restent visibles, aérodromes de Lodrino et de Lugano aussi mais bien sûr pas de vue vers le Lac Majeur et le Lac de Come est bien pâle (pas d’hydravions !).

Un équipage décide de passer au-dessus, mais il leur faut remonter et sans perception du relief avoisinant ce n’est pas simple ( il y a du 8800 et du 7300 vers le sud), Les 360 s’enchaînent pour gagner les centaines de pieds nécessaires, la tension est réelle. Il faut être précis et patient, ne pas perdre ses repères, suivre ses paramètres.

Enfin il leur est possible de reprendre la route vers Bergame.

La visibilité redevient satisfaisante au Lac de Garde, on passe au raz de la petite presqu’île de Simione. Passage de Verone sans amants, puis Padoue et Piove di Sacco.

Et c’est maintenant que nous allons tous connaître le bonheur !

Cheminement à 1000 pieds sol, tout au long de la bande de terre qui délimite la lagune, CHIOGGIA, on vire au 015, on commence à apercevoir VENISE.

« Prenez les photos les amis, moi je pose l’avion » et ce terrain de SAN NICOLO est une émeraude au milieu d’un tapis d’aigues-marines !

Tout le monde se détend puis on commence à s’inquiéter en voyant le temps passer mais pas de 3° avion…Enfin, après 40 minutes, le PA28 arrive et s’offre une verticale terrain pour profiter de la vue sur VENISE, en fin de journée les couleurs sont si belles.

Nous ne manquerons pas la bière au soleil ni le vaporetto pour aller marcher place St Marc avant le coucher du soleil, voir un bouchon de gondoles, le pont des soupirs et dîner. Demain la Croatie !

 (remarque : le 100LL à Venise San Nicolo : 2 Euros le litre c’est pas aussi cher que le Chianti mais…)

Venise - Portoroz par Marie Vandaele (retour en haut de page)

Le bus qui fait le tour de l’île du Lido nous amène au pied de nos avions. Nouvelle du jour : Venise San Nicolo est bien un aérodrome douanier, mais uniquement pour les pays à l’intérieur de l’Union Européenne. La Croatie n’en faisant pas encore partie,  nous voilà contraints d’ajouter un nouveau pays à notre périple : la Slovénie, et son aéroport de Porto Roz, pratiquement sur notre parcours. Comble de malchance , nous voilà avec un trajet côtier, une navigation de 35 minutes très compliquée à improviser, condamnés à voguer de plage en presqu’île, au ras des pâquerettes, à passer du bleu au jaune, à trouver 4 points de report évidents, à parler de contrôle en contrôle, toujours très coopératifs ( ils se passent les infos « you don’t need to tell your details » a dit l’un d’entre eux) vraiment « y’a pire » comme dirait l’autre.

Comme si ces difficultés ne suffisaient pas, voilà qu’un petit malin a demandé à un cargo de matérialiser le point de report Vicky au milieu de l’eau !  Nous nous délectons, la ballade est douce. Vent arrière  pour la piste      face à la mer à LIPZ (sans point commun avec notre familier LFPZ ), nous dépassons un « slow trafic » avec l’accord rapide du contrôleur, une carrière a été creusée dans la colline comme pour nous faciliter le dernier virage. Vraiment l’accueil est superbe. Tous les services de l’aérogare sont concentrés en un même lieu, proche du parking avions, et un verre de grappa nous attend avec le sourire. Manger à 12 sur la terrasse à l’ombre ne demande que quelques minutes d’installation. Nous nous régalons de nos premiers calamars et poulpes grillés. Bientôt ce menu deviendra notre lot quotidien. La sieste se fait à l’ombre des ailes de nos chers avions : avec une MTO aussi prévenante, nous pouvons ralentir le rythme. Merci la Slovénie de considérer l’aviation de loisir. Même sans histoire de douane, nous aurions eu tort de nous priver de cette escale.

 

Portoroz - Split par Xavier Daguet (retour en haut de page)

 

Split - Dubrovnik par Marc-Olivier Méhu (retour en haut de page)

Samedi matin, bien que nous n'ayons pas prévu un très long trajet, nous avons choisi de nous lever tôt pour tenter un départ en milieu de matinée de l'aéroport de Split.  Après un petit déjeuner à l'hôtel et un trajet de bus d'une quarantaine de minutes, nous nous sommes partagés
les  tâches entre les pilotes pour le dépot des plans de vol, les visites pré-vol ainsi que le règlement des taxes d'aéroport et des services de Handling.

Vers 10h00 comme prévu, nous demandons à Split Tower une mise en route et un départ à contre QFU pour éviter le relief en montée initiale de la
piste en service.  Nous remontons donc en cortège la piste à Split et décollons les uns derrière les autres (caution wake turbulence du F-GGJL Heavy).  Aussitôt l'axe de piste dégagé, un liner s'annonce en longue finale pour la piste en service.

Après avoir cloturé avec Split Tower, nos routes se séparent.  En effet un avion préfère rejoindre le transit publié ADRIA 1 qui survole les îles jusqu'à Dubrovnik alors que les deux autres équipages choisissent un trajet plus "touristique" via Hvar, le sud de l'île de Brac et un petit détour par les Falaises du Biokovo près de Makarska.  Imaginez des falaises longeant des somets de près de 1800 mètres se jetant brusquement dans la mer.  Un délice pour les yeux mais un peu plus difficile pour l'estomac, en effet le relief engendre des turbulences disons plus que modérées.

Après avoir quitté ces falaises, nous prenons cap vers le sud ouest pour l'équivalent d'une longue finale de plus de 30 nautiques sur Dubrovnik ce qui nous a permi d'observer la vieille ville en longue finale sans avoir à négocier un itinéraire particulier avec l'approche.

Nous nous posons en tout début d'après midi sur la longue piste de Dubrovnik et nous prenons le taxi pour aller nous restaurer et prendre nos quartiers dans la ville fortifiée.

Nous passons une superbe journée à Dubrovnik, certains en profitent pour aller faire trempette dans l'Adriatique et nous terminons la journée en invitant nos instructeurs à diner.

Dubrovnik - Corfou par Dominique Blain (retour en haut de page)

 

Corfou - Dubrovnik par Philippe Pietrzak (retour en haut de page)

"Kerkyra from Fox Golf Golf X-Ray Golf, lining-up and taking off runway one seven”. Il est environ 16h00 et nous quittons l’île de CORFOU après avoir profité des derniers instants sur le territoire Grec confortablement installés à la terrasse d’un établissement respectable avec vue sur l’adriatique et …devant une boisson.

En raison de tensions politiques entre l’Albanie, la Serbie et la Croatie, notre plan de vol en route inverse via Albanie, Serbie n’avait pas été accepté et partons pour une navigation via l’Italie via TIGRA, Brindisi et CRAYE pour rejoindre la Croatie. La navigation ne présente -par opposition aux soucis rencontrés dans la matinée sens LDDU-LGKR- aucune difficulté particulière et débute par un survol maritime jusqu’au point TIGRA. La route la meilleure étant souvent la plus courte, nous décidons alors (bon ok, c’était un peu prémédité) de négocier avec Brindisi Info une route via CRAYE jusqu’à Dubrovnik (et oui toujours en survol maritime). Notre nouvelle route acceptée, nous continuons notre survol maritime et croisons quelques rares bateaux en route, 5000 pieds plus bas sur l’adriatique. Enfin, après 1h40 de vol, les côtes croates apparaissent et l’approche de Dubrovnik nous demande de rappeler en vue des installations. La bonne visibilité nous permet de rapidement imaginer le terrain sur son plateau à 527 pieds ; nous passons avec la tour et rappelons en base pour nous poser quelques minutes plus tard en 12 (et sans les peupliers en finale) à l’issue de 2h00 de vol. Le marshaller nous guide jusqu’au parking, le camion BP nous livre quelques litres de 100LL et le minibus nous conduit jusqu’au terminal où il est temps de sauter dans un taxi (faute d’avoir trouvé un autre moyen de transport) pour rejoindre nos compagnons de voyage au centre du vieux Dubrovnik et reprendre les bonnes habitudes (et oui déjà) autour d’une  « PIVO ».

Dubrovnik - Pescara par F. Gilbert (retour en haut de page)

A 7h30, nous quittons notre maison située dans la vieille ville pour prendre le petit déjeuner dans le restaurant voisin. Puis nous allons prendre les taxis reservés la veille, presque à l’heure.

Le trajet est en principe de la pure traversée maritime: 180NM d'eau entre Dubrovnik et Pescara.
Nos plans de vol prévoient un passage au dessus de l'ile de Palagruza, à mi chemin du survol maritime, histoire d'avoir quand même quelque chose à voir. Juste avant l'embarquement, nous décidons qu'il est préférable de se diriger vers VIE, le vor de Vieste sur la côte italienne, à seulement 100NM de Dubrovnik, et de faire le reste en longeant la côte: moins direct, un peu plus long, mais moins sur l'eau.
Après mise en route des avions, nous faisons un peu de palabre à la radio pour négocier ce changement, et la clearance nous sera finalement donnée peu après le décollage.

Le survol se fait sans soucis: la météo est impeccable, et c’est tout droit, le pilote automatique du PA28 est bien pratique.
Après 50 mn, nous arrivons à VIE et nous continuons en longeant la côte, plus monotone que la côte croate mais avec de plus belles plages.

A l’arrivée, nous évitons la colline qui semble marquer la fin de la vent arrière, atterrissons sur une 04 dont nous avons appris l'orientation à la radio (absente des vagues cartes d'approche dont nous disposions), et garons sagement nos avions devant un Canadair.

Pescara - Calvi par Monique Dubois (retour en haut de page)

De gros bourgeonnements de nuages s’élèvent sur le versant nord du sommet le plus élevé (9551 ft) à 50Nm sur la route que nous avions prévu de prendre. Après un long conciliabule au bureau de la météo nous finissons par trouver une route Nord qui semble possible à emprunter. Ainsi nous avons dû  repréparer la nav … (ça devient une habitude !!) ce qui nous prend au total 1H40.

Après un repas rapide à l’aéroport nous voilà partis en suivant la côte nord jusqu’à Civitanova,  puis cap ouest pour traverser l’Italie. Le choix de cette route sous un soleil rayonnant était effectivement le bon car nous avons pu éviter les cumulus et traverser la montagne avec des sommets moins élevés que ceux de la route initialement prévue. Le parcours final avant l’arrivée sur la Méditerranée au niveau de Grossetto nous donne le plaisir de survoler de nombreux petits villages adorables situés sur des collines. Les maisons serrées les unes contre les autres semblent se tenir chaud.

Arrivée sur la côte ouest, grâce à une visi extraordinaire, nous avons une vue magnifique sur l’Ile d’Elbe qui est notre point tournant. Le survol de l’Ile puis la traversée jusqu’à Bastia se passe bien tranquillement en évitant le survol de la petite Ile de Pianosa Isola qui, paraît il, est occupée par " les brigades rouges " ( ?…).

Nous avions prévu un tour du Cap Corse mais le ciel se couvre légèrement et la vue des côtes n’est pas très bien définie. Nous décidons alors une traversée par les vallées entre Bastia et l’Ile Rousse. Nous optons pour un vol basse altitude dans ces vallées encaissées ou se nichent de magnifiques hameaux. Petit tour de l’Ile Rousse avant de se diriger au cap 230 vers la baie de Calvi, pour finir "en beauté " par une arrivée en longue finale sur le terrain de Ste Catherine grâce à  un vent du Sud.

Calvi - Avignon par Solange Mirigay (retour en haut de page)

 

Avignon - Moulin par Marie-Christine Lespinasse (retour en haut de page)

Rafale à 43kt… je n’y crois pas !

Est-il possible de décoller quand même dans ces conditions ?

Heureusement, le vent est dans l’axe de la piste à Avignon. Le JL vient de décoller sous nos yeux. On a l’impression qu’il monte vertical, et qu’il n’avance pas. Mais tout semble bien se passer pour eux.

Allons-y, à notre tour. Nous nous dirigeons vers le taxiway en herbe. Attention avec le vent traversier. Nous voici maintenant en bout de piste. Plein gaz. Pas d’alarme, on a les tours, le badin est actif (humm !) et nous décollons en quelques dizaines de mètres et nous prenons de l’altitude. Nous sommes bien secoués, comme prévu. Oh ! on voit le pont d’Avignon, si caractéristique. Nous cherchons à monter le plus vite possible FL65 en longeant quelques énormes cheminées dégorgeant de grosses fumées blanches.

On s’éloigne en direction de superbes gorges, trop vite passées. Nous survolons Ruoms.

Au fait, comment ça se prononce ? Le contrôleur ne me comprend pas !

Nous prenons la direction du Puy, les paysages sont superbes… mais pas facile à trouver, ce terrain.

Puis tout s’enchaîne ; la Chaise-Dieu (non, non il n’y a pas de terrain, là), Ambert, le VOR de Thiers, la ville de Vichy, puis droit sur Moulins où nous nous posons, pas fâchés de déjeuner… Au fait, il est 15h.

 

 

 

 

Moulins - Saint Cyr par Christophe Mathy (retour en haut de page)

Un steak frites et un café plus tard nous repartons pour Saint-Cyr. Nous faisons l'appoint d'essence, décollage en 08 et remontons vers le travers de Nevers. La visibilité est à nouveau presque illimitée et nous voyons à bien plus de 100 kilomètres les centrales nucléaires si bien protégées par leurs ZIT invisibles.

Nous nous prenons au jeu de trouver les terrains sur notre parcours. Très fatigués mais toujours attentifs nous nous intégrons à Saint-Cyr pour un complet en 30. Les pompes étant fermées le lendemain nous faisons les pleins avant de ramener l'avion devant le hangar. Un nettoyage en profondeur bien mérité attend nos avions et nous nous réunissons autour d'une coupe de champagne pour clôturer cette bonne petite balade!

 

 

 

 

 

 

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