Initialement 4, puis 3 et c’est finalement à 2 que nous partirons en voyage club pour ce tour d’Espagne !
Jour 1, 17 mai 8h30 : Bruno et moi sommes arrivés au club, valises à la main, documentations aéronautiques sous le bras et prêts au départ !! Croissants, notam, météo, bâche, huile, essence, verrière propre et nous partons pour une première étape vers BÉZIERS.

Cap au sud, c’est rapidement que nous montons au FL75 pour quelques heures de vol ; la météo à l’arrivée nous assure de pouvoir rester en vue du sol. Traversée du massif central, travers puy de Dôme et ensuite travers du viaduc de Millau : une navigation assurée de main de maitre par Bruno. L’arrivée sur Béziers est calme et nous arrivons après Ryan Air lorsque la brasserie est fermée ! Au lieu d’un repas digne de ce nom, nous nous contentons de quelques gâteaux secs que j’avais emmenés pour le vol et d’une boisson récupérée au distributeur automatique de l’aérogare…

Passage au bureau de piste, un plan de vol plus tard et un changement de pilote, je mets en route pour l’Espagne et sa capitale catalane BARCELONE.
Le vol commence par un transit côtier travers du terrain de Perpignan avant de franchir la frontière à Port Bou et rafraichir mes compétences FCL1.028 avec le contrôle de la TMA de Barcelone. La météo reste clémente, la navigation côtière facile avant de changer de cap au point de report de MATARO vers le terrain de SABADELL. Le contrôleur sur l’approche de SABADELL est très serviable et nous demande si nous sommes familier avec le terrain et nous invite à « passer en base main gauche dès maintenant ». Nous voilà maintenant posés à SABADELL et posons pieds à terre en Espagne.

Plein d’essence, retour au parking, rangement, valises et notre service de handling nous amène à BARCELONNE pour 30€. Nous proposons à nos 2 « amis » Suisse posés en Mooney (un couple en voyage en Espagne comme nous) de se joindre à nous pour le trajet. Embouteillages, sens-uniques,… nous arrivons à notre hôtel. SABADELL - BARCELONE en voiture c’est presque aussi long que BEZIERS – SABADELL en DR400 !! Nous rejoignons ensuite la Rambla (artère qui mène au port de Barcelone via son centre) et nous nous arrêtons en chemin pour un rafraichissement et tortilla avant de trouver une place sympathique pour diner.
Jour 2, 18 mai : après une nuit courte mais bien reposante et un petit déjeuner « continental » nous repartons avec notre service de handling vers SABADELL. En route, Antonio nous donne la météo sur Madrid (notre prochaine destination) : LA PLUIE !! Cela s’annonce mal pour notre double étape du jour SABADELL - MURCIA – MADRID. Après passage au bureau de piste, une météo en main c’est l’heure de la décision… Madrid Cuatro Vientos ne sera pas pour aujourd’hui ! Nous déposons le plan de vol pour MURCIA SAN JAVIER mais là… problème : le bureau de piste nous confirme que le terrain est bien ouvert aux civils mais avec des restrictions qui imposent d’arriver après 15h00 local time. Très aimable, la personne au bureau de piste appelle Murcia pour une autorisation qui nous est donnée, mais quelle autorisation… la suite nous fera comprendre qu’ils n’avaient peut être pas compris. Pour la branche suivante nous envisageons de filer au large vers les Baléares et l’île de MENORQUE (les taxes sont chères, mais la destination plus charmante).
C’est donc parti, Bruno en place gauche et décollage vers MURCIA, le transit de sortie nous fait flirter avec la TMA de BARCELONE (là où c’est en classe A) et nous rejoignons la côte que nous devons suivre jusqu’à notre destination. A l’approche d’Alicante, le contrôleur nous demande de « report 2 miles out of the airfield » ce que nous collationnons. Mais comment le comprendre ?? outbound ?? En fait c’était « 2 miles before crossing the runway » ou « 2 miles inbound the airfield» qu’il aurait dû nous dire, car lorsque nous rappelons 2NM après le terrain nous avions déjà croisé les axes. Mais bon l’erreur est commise, le contrôleur nous fait la morale et après de plates excuses nous continuons sur le bord de côte. Notre altitude de croisière ne dépasse pas les 2000ft cause météo qui se dégrade. D’habitude, c’est au sud qu’il fait le plus beau non ?

Et voila, le point N1 de Murcia ! ouf ! enfin pas tant que cela dans la mesure où le contrôleur nous demande de faire quelques 360° le temps qu’il termine avec un avion militaire (?). Nous enchainons virage par la gauche, virage par la droite et rappelons notre présence au contrôleur qui nous informe d’une attente entre 10 et 12 minutes supplémentaires ! C’est reparti pour du 360 par la gauche, par la droite, de la vitesse lente et enfin une clairance pour rejoindre le circuit de piste et atterrir par vent fort.
Posés, nous faisons le plein de carburant et revêtons nos vestes car il fait bien froid et couvert au sud ! Direction le bureau de piste avec ses agents « aena » pour déposer un plan de vol, devinez où ? vers BARCELONE, là où il fait beau ! On ne se voit pas faire la traversée vers les Baléares avec ce plafond bas ! Et c’est reparti pour un plan de vol vers SABADELL et là…patatra ! Les agents avec qui nous échangeons nous informent qu’on ne peut pas repartir tout de suite.
La cause : un incendie dans la tour de contrôle ! Les plaisanteries vont bon train : 20cm de mousse dans la tour, des centaines de litres d’eau… ça fait rire tout le monde mais pas moi. On ne se voit pas rester ici à Murcia où la plateforme est bien déserte et où la ville la plus proche n’a guère attirée notre attention vue du haut. Cerise sur le gâteau, c’est le système informatique qui plante. L’agent file dans la salle informatique, ouvre la baie qui héberge les serveurs et procède sauvagement à un OFF/ON sur la baie (pour les initiés, c’est pas bien joli). Bref, plus d’informatique car ça ne redémarre pas comme prévu. Notre plan de vol est cependant accepté et un agent nous donne une nouvelle fréquence pour le départ ! sans avoir payé la taxe puisqu’impossible d’imprimer la facture (nous échangeons des adresses mails pour le paiement de cette taxe à posteriori). Retour tranquille vers Barcelone où la météo bien que meilleure n’offre pas une visibilité extra. L’arrivée se passe correctement en respectant scrupuleusement l’approche VFR publiée (maintenant qu’on connait, c’est déjà beaucoup plus facile). Posés, nous nous dirigeons vers l’avitaillement et rencontrons de nouveau notre agent BP qui nous accueille comme des amis de longue date (c’est vrai, on était là hier).

Le plus dur maintenant c’est de trouver un taxi et un hôtel pour la nuit : notre agent de handling ne répond plus au téléphone et c’est l’agent de sécurité de la plateforme qui nous dégote un taxi ; Bruno s’occupe de nous trouver un hôtel depuis le taxi sur son iPad et quel hôtel ! Le chauffeur lorsqu’il nous dépose nous invite à faire attention aux voyous du coin…c’est vrai que toutes ces petites ruelles aux rideaux de fer tous taggués ça peut intimider et sans parler du revendeur d’herbes de Provence au coin de la rue suivante.
Pour la restauration, notre agent d’avitaillement nous avait conseillé de rejoindre le port, ce qui fut une bonne idée et à table avec bière et paëlla nous comblons nos estomacs peu remplis depuis le matin. Il est bien tard et nous faisons la fermeture du restaurant avant la promenade de retour jusqu’à l’hôtel.
Jour 3, 19 mai : départ de l’hôtel pour un petit déjeuner dans la rue adjacente et nous appelons notre taxi pour retour SABADELL. Aujourd’hui ce n’est pas Antonio (repos) mais son collègue bien moins familier avec le GPS du taxi et les travaux autoroutiers à l’approche du terrain (je devrais aussi ajouter des excès de prudence dans la conduite qui deviennent dangereux). Bref, nous arrivons à l’aéroport et rebelote météo, bureau de piste, plan de vol et direction l’avion. Nous rencontrons nos amis suisses de l’avant-veille qui quittent l’Espagne pour aller en Corse (bonne idée !). En ce qui nous concerne, c’est direction MENORQUE puisque pas fait la veille. Le survol bien que maritime n’est pas aussi facile que cela puisque nous allons devoir rester vers 1100ft pendant une trentaine de minutes avant de passer au dessus des nuages dès que nous avons confirmation du FEW1800 à l’arrivée. Une arrivée à MENORCA où (photo à l’appui) la météo est quand même différente de celle que l’on peut avoir sur les cartes postales.
A peine posés, notre service de handling VIP est là. Deux jeunes agents attendent que nous ayions fait le plein pour nous emmener au centre ville pour grignoter quelque chose. Il n’en aurait fallu que de peu pour que nous repartions de nouveau l’estomac vide. Entre temps, nous avions sorti une dernière météo (aggravation sur Menorque) qui nous encourage à quitter l’espace aérien espagnol pour retrouver la France. Quelques TAF plus tard, la destination est trouvée et ce sera Carcassonne ! Il y fait beau, on y mange bien, bref rien que du bonheur en perspective.
Notre taxi revient nous chercher, plan de vol, dernière méteo, taxes (ah oui les taxes !!!) d’une 60aine d’euros pour le handling avec café dans le salon VIP et au moins autant pour l’atterrissage : au total 130€. Retour à l’avion et c’est la mise en route pour Carcassonne.
Le chemin n’est pas très orignal puisque direct vers les côtes françaises en survol maritime. Nous pensons d’abord pouvoir tracer direct vers la côte depuis la sortie de piste mais la contrôleuse nous demande de rejoindre la côte nord de l’île pour enfin nous laisser filer droit devant. Le plafond n’est toujours pas très haut mais plus on se rapproche de la France et plus le ciel s’éclaircit. La radio avec Barcelone n’est pas excellente et nous passons avec le SIV de Perpignan à la frontière en leur demandant de clôturer avec Barcelone. Quel plaisir et quelle facilité la phraséologie dans sa langue natale !
C’est la fin de journée, l’air est stable et personne dans le circuit de piste de Carcassonne. Le seul présent sur le terrain c’est le vent plein dans l’axe de piste. Dès que posés, nous nous rapprochons de l’aéroclub où un des ses membres actifs nous propose de nous emmener à notre hôtel au centre ville ; merci !
Installés dans nos chambres, rendez-vous 20min plus tard pour aller diner dans la cité.
En route, un petit stop sur une place bien sympathique où une terrasse de café nous tend les bras pour quelques rafraichissements. Arrivés dans la cité c’est rapidement que nous nous installons à une bonne table où les magrets et confits nous attendent. Déception cependant d’avoir eu des frites avec le confit alors que des bonnes petites patates aillées et persillées auraient fait mon bonheur. Mais peu importe, l’endroit est magnifique, le fond de l’air agréable et la soirée excellente.
Jour 4 et dernier jour, 20 mai : aujourd’hui, pas de taxi le bus depuis la gare jusqu’à l’aéroport. L’histoire nous montrera que la taxi aurait été préférable. Ce bus est un bus pour acheminer les voyageurs pour le vol RyanAir vers l’Irlande et qui dit vol commercial dit attente probable…
Bref, trajet sympathique en bus et passage au bureau météo France où il règne une atmosphère paisible afin de sortir notre bulletin météo, notam et azba.
Notre prochaine étape sera La Rochelle ! C’est parti. Passage au contrôle devant les passagers du vol Ryan Air, escorte à pieds jusqu’en bout d’aile du 737 et on finit jusqu’à notre avion en solo. La mise en route et c’est le roulage jusqu’au point d’arrêt. Mais chaque jour est différent et à l’inverse de la veille au soir, il y a ce matin beaucoup de mouvements sur la plateforme : entre le SEFA, notre ami de l’aéroclub, 2 RyanAir au départ… bref bien 20 minutes d’attente quand nous sommes autorisés au décollage. Rapidement nous quittons la fréquence pour passer avec Toulouse info ; la contrôleuse nous donne un code transpondeur mais n’arrive plus à gérer toute l’information de trafic tellement nous sommes nombreux dans son espace et c’est ainsi qu’un avion coupe notre route de droite vers gauche au moment où nous recevons l’info, le collationnement va très vite et nous avons bien eu le trafic en vue ;-)
Chemin faisant, la météo s’assombrit et l’hypothèse initiale de La Rochelle s’éloigne de nautique en nautique et hop déroutement vers PERIGUEUX. Un cap, une distance, une altitude on poursuit notre nouvelle route.
Arrivée sur PERIGUEUX sans problème avec cependant une manche à air qui n’indiquait plus grand-chose puisque coincée autour de son mat (le vent est calme).
Une fois de plus, nous nous contenterons de bien peu pour le déjeuner avec un café offert par le club de Périqueux pour terminer sous l’œil de l’agent d’entretien de l’aérogare qui nettoyait le sol.
Bref nous étions 3 dans cette grande aérogare.
Et puis c’est le départ pour la dernière branche vers St Cyr après avoir réglé la taxe à l’agent AFIS qui était revenue du déjeuner (elle a eu de la chance, elle).
La météo en route n’est pas extra mais évitons les orages de Limoges, suivi d’une verticale CHATEAUDUN juste au moment de la fin des services (passage en classe G) pour nous retrouver très vite à EPR. Bientôt la maison en vue ; ce sera chose faite après un ATIS et un atterrissage en 29 gauche.
Nous n’oublions pas le lavage de l’avion sur lequel nous avons ramené quelques insectes ; certainement plus en France qu’en Espagne !
Et voilà 4 jours de navigation qui s’achèvent selon un programme bien différent de celui envisagé puisqu’il n’y aura pas eu de tour d’Espagne mais énormément de plaisirs et 20 heures de vol pour notre F-GGJL à qui nous adressons nos remerciements pour ses services rendus ;-)
Bruno et Philippe

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