Concorde avec ton bec tu ébrèches le ciel marine à Mach 2,05 tu me hausses à 16.000 mètres je dois chanter là-bas la Solitude qui attend arpente la terrasse de Miami-Airport les yeux levés vers la plage des nuages Concorde aigle qui vole leur feu aux étoiles jamais je n’ai vu tourner l’océan aussi vite le soleil diamant aussi près et déjà le sol monte je dis bonjour à la terre américaine . Michel Merlen (France Transports, Aviation Civile, 1975)
Baptême de l’air. C’est un plaisir indicible, inoubliable. Je ne saurais le comparer qu’à ces trop rares moments de suprême bonheur dont on se souvient toujours parce qu’ils sont dans notre vie des points de repère lumineux.
L’atterrissage. L’atterrissage est un réveil, une volupté qui s’arrête. Il reste en moi le besoin de satisfaire un désir profond. Je l’ai à peine goûtée, cette joie immense et nouvelle qui m’a brisé d’émotion et de curiosité. Et je ne pense plus qu’à recommencer à voler. J’ai maintenant du neuf : un nouveau besoin, un nouvel emportement. Gabriele d’Annunzio (corriere della sera, 1909)
Gabriele d’Annunzio (1863 - 1938) Poète et romancier italien qui n’a cessé de célébrer l’aviation depuis son baptême de l’air en 1909 à Brescia. Auteur de « Forse che si, Forse che no », roman d’aviation. Excentrique, précieux et déclamatoire, mais toujours inattendu. A conservé son avion dans sa salle à manger.
La plus haute forme d’art est un être humain maître de lui-même et de son avion en vol, qui pousse l’esprit d’une machine au niveau de son propre esprit. Et pourtant, j’ai appris, grâce à un vieux biplan dément, que pour découvrir la beauté et pour découvrir l’art, je n’avais pas besoin de voler à chaque instant de ma vie. Il me suffisait de sentir le métal satiné d’une clé droite de quatorze, de me promener dans un hangar silencieux, d’ouvrir simplement les yeux devant les magnifiques écrous et les boulons qui se trouvaient depuis si longtemps près de moi. Richard Bach (Un cadeau du ciel, 1975)
L’aviation fut le résultat d’une œuvre de foi (Mermoz - Mes Vols)
C’est dans le voyage que réside le plaisir et non dans le fait d’atteindre sa destination (Richard Bach)
Mon chez-moi, c’est là-haut (Suzy Oberlin)
Si nous ne partons pas, tout le monde nous prendra pour des imbéciles. Si nous partons et que l’expédition soit un échec, on nous traitera d’incompétents. Si nous réussissons, on se contentera de dire que c’était d’une simplicité enfantine. (Bertrand Piccard - Le tour du Monde en 20 jours / Breitling Orbiter)
L’acte fondamental d’une vie est de décider ce qui est important et ce qui ne l’est pas ; l’indifférence active pour ce qui ne l’est pas est un devoir aussi strict que l’attention pour ce qui l’est (Montherland - Les célibataires)
La perfection n’est jamais dans les hommes mais parfois dans leurs intentions (?)
Ce n’est pas parce que les choses sont difficiles que nous n’osons pas, mais parce ce que nous n’osons pas qu’elles sont difficiles (Sénèque)
Le monde n’est pas un simple combinat de flux financiers. Le monde n’existe que parce que nous l’habitons, et parce que nous le faisons aussi grand que nos rêves (Bernard Chabbert)
La grandeur d’un métier est d’unir les hommes (Bernard Chabbert)
Cale vous tombe dessus, tout d’un coup, sans que rien vous avertisse. Cela, c’est la vocation, c’est l’envie, la faim, l’angoisse de voler. Madeleine Charnaux, « La passion du ciel »
Vivre. C’est-à-dire piloter. Je ne me posais pas de questions. C’était un fait. Je ne concevais l’existence qu’aérienne. Je savais qu’un jour, et un jour prochain, je volerais. Rien ne pouvait me faire renoncer à cette foi. Je ne voulais pas de profession autre que celle de pilote. Jean Mermoz, « Mes vols »
Je ne suis peut-être qu’un pilote bien diminué et prudent à l’excès, mais il existe des temps dans lesquels je ne m’engagerai pas en pilotage sans visibilité et de nuit. Jean Mermoz, « Mes vols »
Nous devons voler et tomber… Voler et tomber… jusqu’à ce que nous puissions voler sans tomber. (Otto Lilienthal)
La nuit à bord d’un avion est une chose à la fois redoutable et émouvante. Tout est mystère, incertitude, menace… On est toujours moins sûr de soi, plus livré à tant de forces ignorées, dispersées autour de cet audacieux volatile mécanique qui fonce dans l’ombre noire, éclairé par ses seuls appareils de bord, lesquels font paraître, alentour, l’obscurité plus dense. Maryse Bastié, « Ailes Ouvertes »
Nous sommes bien plus jaloux encore des êtres qui se meuvent dans les airs, où ils nous semblent si heureux. Leur nécessité est notre caprice. Le mode obligatoire de leur vie est le type même de nos rêves. Paul Valéry, « Petits textes »
Je n’ai pas réussi toujours. J’ai commis des erreurs, mais j’ai persévéré, et c’est à l’aviation que je dois les seules joies de ma vie(Albert Santos-Dumont)
On grimpe, on pense des choses comme : « virage à droite, 45 degrés d’inclinaison ». Et le Falco vire à droite, 45 degré. Ou « mise en palier », et toc, il y est. Il n’obéit pas, il est une extension de l’aviateur. Et il ne va jamais plus loin que ce qui lui est demandé. Bernard Chabbert, « Manche et Manette »
Si tu ne peux pas piloter sans badin, sans altimètre, sans indicateur de virage et d’inclianison, ça veut dire que tu ne sais pas piloter. Tu es comme quelqu’un qui ne sait ce qu’il pense qu’après avoir lu son journal. Beryl Markham, « Vers l’ouest avec la nuit »
Le poème était un ciel, Et le poète tenait Le manche à balai. Henri Michaux (1946)
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