Faire un voyage itinérant en avion, j’en rêvais depuis longtemps. J’avais plusieurs fois profité de l’été pour faire le tour des amis dans le Sud-Ouest en voiture. Pourquoi ne pas refaire cette balade, mais en avion ? J’ai proposé à une amie avec qui je voyage souvent de m’accompagner. Par précaution – on ne sait jamais ! – je lui ai proposé de suivre la formation “pinch hitter”, qui consiste à former ceux qui accompagnent souvent un pilote à poser l’avion en cas de malaise du commandant de bord.
J’ai imaginé le voyage longtemps à l’avance, quelles étapes, disponibilité des amis, quel avion, quelle période… Deux semaines avant le départ prévu, j’ai consacré beaucoup de temps et d’attention à la préparation de l’avion, bidons d’huile, purgeur, cales, bâche, gilets de sauvetage, quelques outils, j’ai tout testé, vérifié… Idem pour les navigations. S’il est inutile de les préparer trop à l’avance, ma tendance à être “ceinture et bretelles” m’a fait imprimer et étudier des dizaines de VAC. Enfin, le jour J ! Nous partons de Toussus avec le F-GSTT. Les pleins d’huile et d’essence faits, nous chargeons la caisse avec tout ce qu’il faut pour l’avion et les bagages. Nous voilà en route pour Bordeaux Saucats. Trois heures de vol tout au plus, mais il fait très chaud, la canicule sévit et nous voulons être posées avant 13:00, avant que la température ne dépasse les 30°.


J’avais préalablement contacté Saucats pour voir si un hangar pourrait éventuellement accueillir l’avion. Nous pensions rester trois jours et la météo annonçait des orages. Un pilote nous a proposé une place dans son hangar. Un membre de l’aéroclub nous attendait pour nous donner les codes d’ouverture. Nous avons mis l’avion à l’abri et nous étions libres de repartir quand nous voulions. Merci beaucoup à Luc pour le hangar et pour son aide !


Après trois jours à Bordeaux, nous reprenons la route des airs pour Tarbes Laloubère. Le vol s’annonçait plutôt simple, malgré la densité des zones R environnantes, mais j’avais sous-estimé le mépris des contrôleurs de Mérignac pour le VFR… Au premier contact, je me fais virer de la fréquence ! « Considérez toutes les zones actives, évitez les ». Je rappelle pour savoir si je peux contacter un SIV ou une fréquence. Réponse « vous êtes en VFR, vous volez en classe G, débrouillez-vous ! ». Léger moment de panique, je survole une autoroute le temps de reprendre mes repères pour l’itinéraire que j’avais envisagé au cas où… Cela nous rallonge d’une trentaine de minutes, mais nous avons fait le plein à Saucats et il n’est que 17:00 local. Détour par Agen et Auch pour rejoindre Tarbes Laloubère. J’avais prévenu de notre arrivée, les permanents de l’aéroclub m’avaient dit où garer l’avion et nous avons pu échanger avec eux une fois posées. Les amis étaient venus nous chercher, nous voilà parties pour Luz-Saint-Sauveur dans les Pyrénées. L’aéroclub m’avait prévenue : la cuve était vide, il n’y aurait pas de carburant dans les prochains jours. Pas de problème, le vol avait duré 1h30, j’avais de quoi emmener une amie en vol le lendemain, faire une balade. C’était la première fois que je volais près des montagnes, je me suis contentée de voler le long du piémont pyrénéen, sans entrer dans les vallées. Ce sera pour une prochaine fois !



Après trois jours dans les montagnes, je prépare la prochaine navigation, destination Bergerac. Le ciel ne semblait pas de notre côté. En fin de matinée, après avoir checké et re-checké la météo, décision est prise de reporter le vol au lendemain et de profiter d’une nouvelle balade dans les montagnes et d’un dîner de plus avec les amis. Je préviens Bergerac que je reporte mon arrivée. Mon PPR reste valide et on m’assigne un emplacement de parking. Entre temps, l’aéroclub de Laloubère m’appelle pour me prévenir que la cuve a été remplie et que j’aurai du carburant pour mon prochain vol, tout va bien ! Le lendemain, c’est en groupe que nous partons à Tarbes. L’Aéropostale, le restaurant de l’aérodrome de Laloubère, se prête parfaitement à un déjeuner amical avant que nous nous envolions pour un vol tranquille vers Bergerac.
Après avoir été accueillies par le marshaller, nous calons l’avion et le couvrons de sa bâche. Les amis sont venus nous chercher. Une belle soirée s’annonce. Hélas, le lendemain matin, j’ai du mal à me détendre. La météo des prochains jours annonce une barre orageuse se déplaçant d’ouest en est. J’avais prévu de remonter vers Soulac et de longer la côte en survolant les îles jusqu’aux Sables d’Olonne… Ce sera pour une prochaine fois ! Voilà 10 jours que nous sommes en balade, nous préférons anticiper le retour vers Toussus plutôt que de risquer d’être coincées par les orages et de ramener l’avion plus tard que prévu.
De retour à Toussus en fin de journée, nous aurons volé moins d’heures que prévu, mais nous avons fait une belle virée. Outre que j’ai pris le goût du voyage en avion, j’ai beaucoup appris et j’ai surtout a-do-ré cette itinérance. À refaire ASAP !!!

