Franchir les frontières…finalement !

Notre projet était d’aller voler à l’étranger pour parler anglais à la radio, faire un plan de vol et voir ailleurs comment ça se passe. Frédéric piloterait jusqu’à la frontière, Sophy prendrait la suite pour étrenner son FCL055. On a choisi Spa en Belgique, oui, c’est vrai, ils parlent aussi français, mais on a joué le jeu et parlé anglais dès qu’on a décollé de Charleville-Mézières. Cela dit, Spa nous avait refusé le PPR. On s’était rabattu sur Verviers, à quelques miles nautiques de Spa. Ça tombait bien, l’aéroclub organisait ce weekend-là le “Fly in des Gaulois”.

Nous avions prévu de ne rester qu’un jour à Verviers, mais la gentillesse et l’accueil chaleureux des membres de l’aéroclub nous ont décidé à rester jusqu’au dimanche. Arrivés le vendredi après-midi, cela nous a donné le temps de visiter la ville de Spa, où nous logions pour la nuit, et de boire des coups. De retour sur le terrain le samedi, on a vu plein d’avions, rencontré plein de gens et on en a profité pour faire un baptême de planeur. Au point où nous en étions, autant poursuivre, nous avons décidé de pousser jusqu’aux Pays-Bas le lendemain avant de rentrer en France, et d’aller visiter Midden-Zeeland que plusieurs membres des Alcyons nous avait vanté.

Nos hôtes non seulement nous ont chaleureusement accueillis et véhiculés, mais le chef pilote a pris le temps d’aider Sophy à préparer la navigation (fréquences, points tournants, pièges à éviter…), vers Midden-Zeeland. Déposer un plan de vol de Belgique aux Pays-Bas avec un avion français… pour une première fois à l’étranger, on avait corsé les difficultés ! Mais grâce à la disponibilité du chef et des pilotes de Verviers, on est parvenu à faire le plan de vol et à consulter météo et notams.

Dimanche matin, après avoir salué les membres de l’aéroclub, qui nous avaient préparé des viennoiseries et un café, nous quittons les Ardennes belges pour les Pays-Bas. Tout se passe à merveille. Les repères donnés par le chef pilote rendent le voyage simple, changements de fréquences, passage de la frontière, arrivée aux Pays-Bas, atterrissage. Et là, deux grands policiers hollandais vêtus de gilets jaunes, viennent au pied de l’avion pendant que nous rangeons nos affaires. Sophy commence à stresser, a-t-elle enfreint quelque règle ? Empiété sur une zone interdite ? Nous sommes vite rassurés. « Bonjour, ne vous inquiétez pas, c’est un contrôle systématique, nous contrôlons tous les avions qui arrivent aujourd’hui ».

Documents de la pilote, en règle, mais discussion sur la validité de la carte d’identité française pour franchir les frontières, y compris en Europe et en Espace Schengen…. Carnet de route de l’avion… « Vous n’êtes pas en règle ! ». Quoi ? « La date, l’aérodrome de départ et le nom du pilote doivent être inscrits au départ du vol »… C’est bien la première fois que nous entendons cela. Pas de problème, les policiers sont conciliants, mais ils insistent sur ce point. Puis ils demandent à voir le carnet de vol de Sophy, qui continue de stresser et leur demande pourquoi. Sans répondre, ils consultent le carnet puis montre Frédéric du doigt. « Vous avez un passager, nous voulions voir si vous aviez fait trois atterrissages au cours des trois derniers mois ! ». À bon entendeur…

Nous les retrouvons à la tour où nous allons payer les taxes d’atterrissage avant d’aller déjeuner. Et là, surprise, un des policiers nous présente leurs excuses : « nous avons vérifié, vous aviez raison, la carte d’identité suffit dans l’Espace Schengen ». C’est la première fois qu’un policier nous présente des excuses, nous n’en revenons pas !

Avant de déjeuner, il faut faire le plan de vol sur l’ordinateur mis à disposition dans la tour. Nouvel apprentissage pour Sophy, qui ne recule devant rien et reprend des forces avec un bon plat de moules frites.

Pour rentrer, nous longeons la côte jusqu’au port de Zeebruges, que nous contournons pour survoler Bruges. Puis de nouveau la côte et les stations balnéaires belges jusqu’à Dunkerque et Calais. Frédéric reprend les commandes et nous ramène à Saint-Cyr. C’était un beau voyage, un weekend fort sympathique, qui nous a donné très envie de repartir. À suivre !