Sur les traces de l’Aéropostale

Biscarosse, juin 2023 : et si on s’organisait un vol au Maroc sur les traces de l’aéropostale ? 
Royan, septembre 2023 : et si on poussait jusqu’aux iles Canaries ? 
Le projet va murir, s’en suivra quelques longues semaines de préparation…  

20 Avril 2024 (4h56 de vol) : Toussus Rodez → Reus  

7h00 la troupe se réunit et Philippe est prêt dans sa tenue de bédouin

9h00 locales aéroport de Toussus le Noble, Philippe est aux commandes du F-GGJL, Florian en place droite et Manu à l’arrière. C’est le début de notre aventure pour une première branche destination RODEZ.

Arrivés en fin de matinée, un plein d’essence, une collation plus tard, nous repartons direction l’Espagne et le terrain de REUS au sud de Barcelone.

C’est Manu qui reprend les commandes et qui fera cette première branche le long des côtes des Pyrénées orientales et de l’Espagne, in English, please ; FCL055 oblige. REUS sera notre étape du jour, un peu fraiche pour la saison et qui se terminera dans un restaurant de Tarragone très sympa.

21 Avril 2024 (8h22 de vol) : Reus → Almeria  

Florian reprend les commandes direction ALMERIA, nous survolons les terres espagnoles puis la côte jusqu’à notre destination où l’atmosphère est plutôt turbulente à l’arrivée. Ce sera notre deuxième étape espagnole dans la mesure où notre prochaine étape vers FES est compromise  par la météo sur le Maroc. Ambiance footballistique à l’hôtel (un commentateur d’un match en live sur YouTube anime la salle de restaurant), puis poulpe et calamar au menu du soir.

22 Avril 2024 (10h47 de vol) : Almeria → Fès  

Philippe met en route direction FES avec une traversée maritime d’une heure au niveau 75 avant d’atteindre les côtes marocaines à Al Hoceima. Le vol se poursuit sur les terres marocaines en suivant les points de report VFR jusqu’à destination. Quelques 360° de retardement pour laisser le trafic commercial se poser et c’est à notre tour d’atterrir à FES, notre première étape marocaine.

Nous sommes hors espace Schengen et ça ne badine pas avec les autorités locales pour nos passeports, gendec, objet de notre visite, le plein d’essence (en €uros avec des billets irréprochables) … et il va nous falloir pas mal de temps avant de pouvoir sortir du terminal et rejoindre un magnifique Ryad proche de la médina.

Le Ryad nous accueille avec le traditionnel thé à la menthe marocain et nous propose une visite guidée des sites touristiques avant le repas du soir (un excellent tajine) suivi d’un bon massage pour nous détendre de cette journée bien chargée.

23 Avril 2024 (13h53 de vol) : Fès → Marrakech  

la destination initiale vers Ouarzazate est remplacée par MARRAKECH cause météo ; Florian est aux commandes et nous emmène à destination dans l’après-midi entre deux vols commerciaux. Garés au parking de l’aviation générale, pleins faits, le responsable des opérations nous raccompagne en voiture jusqu’au contrôle de police où quelques formalités administratives (3 formulaires à renseigner et passeports et 4 le lendemain) nous attendent. Comme pour les jours précédents nous cherchons un hôtel avant d’aller diner dans un restaurant en terrasse (avec Youssef notre serveur bienveillant et mondialement connu sur TripAdvisor). Il n’est pas très tôt, mais il nous reste encore assez d’énergie pour aller se balader sur la place Jemaa El Fna et retour à pied jusqu’à l’hôtel.

24 Avril 2024 (19h01 de vol) : Marrakech → Tan-Tan → Tarfaya → Tan-Tan

nouvelle destination plus au sud vers TAN-TAN. Rien n’est gagné pour rejoindre notre DR400 sur ce « gros » terrain de Marrakech…et c’est à pied ! que nous allons rejoindre le bureau Charlie en croisant le flux des passagers embarquant sur des vols commerciaux et l’armée Américaine (en préparation d’exercice) qui étale ses armes sur le tarmac (pas de photo malheureux !!)

La mise en route approuvée, décollage et rapidement (trop rapidement) la tour nous demande de passer avec l’approche Marrakech qui nous demande de rebasculer sur la tour (c’est quand même mieux pour avoir l’info des autres trafics déjà en contact avec la tour).

Changement de paysages vers le sud et plus dans les tons sable avec une visibilité plus faible mais toujours compatible avec le vol à vue (le contrôle nous rappelle souvent de garder VMC).

 

Le terrain de TAN-TAN se rapproche, et nous nous posons sur ce terrain militaire pour lequel nous avions demandé une autorisation (selon les consignes de l’AIP marocain). Le vent est un peu plus soutenu et le parking est désert (comme tout autour) sauf un chien errant sur le parking !

Comme toujours, nous avons l’accueil des différentes autorités locales, la présentation des passeports, l’essence et son paiement en cash (et le pompiste qui n’a jamais de monnaie pour le trop-perçu…)

24 avril après-midi, c’est la remise en route vers TARFAYA et sa piste mythique de l’Aéropostale !

Manu décolle de TAN-TAN, longe les côtes direction le sud pour un peu moins d’une heure avant une reconnaissance de piste à basse hauteur pour vérifier l’état et l’absence d’obstacle sur la piste. Finale sur la ville (obligé) et nous nous posons face à la mer sans difficulté (mais avec précaution) sur cette piste en sable empruntée par St Exupéry !!! Vite nous éteignons le moteur pour éviter les projections de gravillons (on déplacera l’avion à la main)

Et là…commencent à arriver les véhicules des représentants de la ville, du terrain, de la gendarmerie royale, de la police, … bref pas moins de 6 véhicules pour chacun leur tour contrôler nos passeports, les prendre en photo, puis les reprendre en photo mais en format PDF, vérifier nos autorisations (en nous disant que ce n’était pas valable – « mais si ! lisez, c’est écrit TARFAYA »… « ah Oui »)

Direction le musée où l’ambiance s’est détendue et où nous passons quelques instants pour la visite, l’achat de quelques souvenirs et prise de quelques photos de nous pour l’album local (Nous avons la modeste trace de notre venue à Tarfaya, dans le sillage d’Antoine de Saint Exupéry).

Retour au terrain, où seuls la police et les pompiers sont encore là. Nous poussons l’avion en début de piste, la mise en route et départ (ou retour) vers TAN-TAN.

Après quelques formalités rapides (mais pas d’essence, faudra attendre demain), c’est le chef des opérations qui nous emmène ensuite dans sa voiture vers le port de TAN-TAN en bord de mer (plutôt qu’en ville à Tan-Tan). L’hôtel initialement envisagé est complet (un rallye moto portugais) et nous partons vers un « super » camping et un bungalow, certes pas cher pour nous 3 (10€ par personne) mais sans aucun confort, douche non opérationnelle, équipement très rustique. L’ambiance n’est pas aussi joyeuse que d’habitude et encore moins quand il faut trouver un endroit pour diner (le pire du séjour). Ce repas sera frugal et rapide avant de revenir au camping via le bord de mer et de fermer les yeux pour une nuit aussi courte que les autres.

25 Avril 2024 (21h11 de vol) : Tan-Tan → Lanzarote

le réveil est matinal et notre petit déjeuner réduit à de l’eau et des gâteaux secs gardés depuis la France. Après avoir trouvé un taxi, route vers le terrain à 25km de la ville. A l’entrée du terrain (militaire) nous accueillons avec nous dans le taxi le policier de la veille pour le dernier kilomètre qui sépare l’entrée du terrain et l’aérogare !

Notre destination du jour nous emmène vers les iles Canaries et plus particulièrement Lanzarote. Nous retournons en Espagne, il faut donc…un contrôle douanier, mais pas de douanier… il est en route…et nous contrôle dès son arrivée. Bref, on prépare le plan de vol, on paye les taxes, on appelle pour le plein d’essence et mise en route, Florian aux commandes pour cette navigation qui compte une heure de traversée maritime.

Comme on pouvait l’imaginer, le vent est fort et l’atterrissage sportif. Le roulage vers le parking aviation générale où nous attend le handling… le plus cher de notre escapade…

Les difficultés de la veille sont derrière nous et nous décidons de consacrer cette journée à la détente dans un resort. Ça fait du bien de se poser et de profiter un peu au bord de la piscine, de prendre un vrai repas dans un restaurant pour locaux où nous sommes très bien accueillis pour la soirée (Nous recommandons le « Casa Tomas »).

26 Avril 2024 (28h12 de vol) : Lanzarote → Agadir → Fès → Tanger

c’est la routine des taxis, taxes, essence, douane et retour au Maroc direction AGADIR avec Manu aux commandes. C’est de nouveau un survol maritime, navigation le long des côtes et des paysages désertiques (dont TARFAYA et El Ouatia).

Arrivés à AGADIR, l’objectif est de partir vers Casablanca, mais… c’était sans compter un notam qui fermait les zones de Casa ; un déplacement royal oblige la fermeture des zones autour de Casablanca. On demande une autorisation spéciale, on attend…on attend… et on décide d’annuler Casa au profit de FES. Il faut modifier le plan de vol, refaire la navigation et sans oublier la douane (on revient d’Espagne !). On pourrait également parler du refuelling avec une belle fuite sur le système de distribution (à pompe manuelle comme sur tous les terrains marocains) alors qu’à moins de 2 mètres un douanier nous partage une vidéo sur son portable pendant que le pompiste répare la fuite…

Bref, Philippe est prêt au départ direction FES au milieu de l’après-midi. Le vol est assez calme, on retrouve les magnifiques paysages découverts une semaine plus tôt et nous nous posons à FES. Le roulage au point de stationnement est facile, on le connait maintenant .

Il ne reste plus qu’à préparer la prochaine branche vers Tanger et malgré toute notre maitrise des processus et notre efficacité, on doit faire face à des difficultés de paiement de la taxe de 3€…le terminal bancaire n’arrive pas à valider la transaction…ça se finit en 30 dirhams de la main à la main mais on a reçu la facture par mail !

Dernier souci et pas des moindres, l’heure tourne, la nuit aéronautique se rapproche et malgré notre habilitation au vol de nuit ainsi que l’AIP marocain qui l’autorise, le bureau des opérations nous informe que Tanger nous impose d’arriver avant la nuit…et nous n’avons toujours pas pu faire le plein de 100LL, c’est le compte à rebours qui commence…

Comme par miracle, on refuelle rapidement, on met en route et Florian décolle vers Tanger « on time » pour arriver avant la nuit.

L’arrivée face à l’ouest au coucher du soleil et le relief avant le terrain n’aident pas à trouver la piste mais rapidement, le PAPI et la piste nous sautent aux yeux.

Nouvelles formalités administratives réduites en ce début de soirée où il n’y a plus beaucoup d’activité et c’est tellement calme qu’on est autorisé (contact téléphone police-tour) à traverser le tarmac à pied (chut !!).

27 Avril 2024 (28h12 de vol) : day off

l’objectif est d’aller faire une escale au Royaume Uni à Gibraltar, mais la météo n’est pas avec nous, le délai de prévenance trop court (PPR 12h) et nous prenons la décision de rester à Tanger pour une journée de repos.

Ce sera l’occasion de nous approvisionner en pâtisseries marocaines (la pâtisserie El Fath dans la médina de Tanger) et de profiter du sauna, du jacuzzi et de la piscine intérieure de l’hôtel.

28 Avril 2024 (32h28 de vol) : Tanger → Gibraltar → Grenade → Madrid

c’était la date initiale de notre retour mais nous sommes encore loin de la maison…

La destination du jour est Gibraltar et son rocher. Le vol opéré par notre RAM (Royal Air MANU) fait moins d’une heure. Nous partons un peu plus tard que prévu (l’essencier est occupé pour le plein de jetA1 pour le Vueling du matin) et notre handling à l’arrivée nous relance plusieurs fois pour savoir si on arrive !! Les places de parking sont peu nombreuses.

Enfin posés en 27 à LXGB, le marshaller nous guide au point de stationnement et la magnifique Yolanda (avec qui nous étions en contact par mail depuis un mois) nous attend pour les formalités.

C’est une escale technique ; Florian prépare la navigation suivante vers Grenade (et non Séville cause météo). Petit souci pour demander le handling à l’arrivée, le contact local Iberia est trop chargé pour gérer notre arrivée avec notre DR400 ; il y a « beaucoup de trafic » à gérer nous dit-on ! (C’est le seul vol commercial de l’après-midi qui occupe toute la plateforme).

Soit, on va solliciter un autre handling « Universal Aviation » qui accepte notre demande en seulement quelques minutes et sera là à notre arrivée.

La route est compliquée par les contraintes données par Malaga approach et une météo peu favorable. Mais nous arrivons à Grenade dans des conditions VFR pour cette escale technique où notre handling qui nous attend.

Il nous reste encore une branche vers Madrid CuatroVientos pour cette journée. Philippe est aux commandes pour une navigation de 2h et une arrivée en fin de journée avec un peu de trafic VFR.

Nous préparons, comme d’habitude, notre avion pour la nuit (i.e. bâche et cordes) avant de nous rendre au centre de Madrid. Sans difficultés, nous nous retrouvons rapidement dans un bar à tapas avant de repartir pour le diner. Les heures passent vite et la nuit risque d’être courte, vite au lit !

Il nous reste encore pas mal de distance pour rejoindre notre base.

29 Avril 2024 (34h35 de vol) : Madrid → Pamplune

la destination du jour est Pampelune, notre commandant de bord Manu décolle route au nord entre les zones militaires et la classe A de Madrid. C’est une étape où le contact radio « in english » avec un organisme de la circulation aérienne est difficile, on reste en classe G et ça passe jusqu’à l’approche de Pampelune. Le terrain déjà visité l’année dernière est vide et nous prenons le temps de refaire le plein d’essence pour le lendemain (le même pompiste aussi jovial que la dernière fois). Le franchissement des Pyrénées initialement prévu le jour même est bien compromis par la météo.

C’est notre dernière étape espagnole et nous profitons de ces instants pour découvrir la ville, les danseuses aux castagnettes et flamenco et terminer la journée dans un bar à tapas.

30 Avril 2024 (39h de vol) : Pamplune → La Rochelle → Toussus

la situation météo sur l’est de la France semble bien compliquée mais nous sommes à l’ouest et allons remonter le long de la côte atlantique. Nous avons quand même un doute pour le retour sur Toussus qui reste incertain.

Départ de Pampelune encore retardé par l’agent de sécurité qui ne comprend pas qu’on voudrait payer la taxe et le parking (on se retrouve dans un couloir sans pouvoir revenir d’où l’on vient ni sortir sur la piste…) ; puis nouvelle difficulté au bureau des opérations qui veut nous obliger à prendre du handling… On négocie : nous sommes 2 pilotes au bureau de piste (le 3ème en sa qualité de passager est déjà en train de préparer l’avion).

Tant bien que mal, nous sommes prêts au départ direction La Rochelle. Le passage des Pyrénées ne pose pas de problème et rapidement les côtes françaises se dessinent devant nous. Biarritz approche nous négocie le transit côtier avec Cazaux dont les zones militaires sont actives.

Nous procédons via le pont de l’ile de Ré pour atterrir à La Rochelle. Petit passage par les hangars de production d’Elixir Aircraft, paiement de la taxe, petite collation du midi (sandwichs achetés à Pampelune le matin) et Philippe reprend les commandes direction la maison : Toussus le Noble.

La météo va se dégrader au fur et à mesure où nous nous rapprochons de la région parisienne mais les conditions restent VFR. 

Nous atterrissons à Toussus en début d’après-midi et sommes accueillis par M. le Président de l’Aéroclub LES ALCYONS.

C’est ainsi, après 39 heures de vol, 10 jours de cohabitation, 4 pays visités (France, Espagne, Maroc, enclave Britannique) que s’achève notre escapade en cet après-midi du 30 avril 2024. We did it !

C’est aussi de magnifiques paysages survolés, des moments forts partagés, des moments plus compliqués mais toujours avec un équipage solidaire et complémentaire pour la sécurité des vols.

Et sans oublier les moments de rigolades (et de détentes aux spa, hammam, piscines et massage).

Philippe, Florian et Manu   

20 avril – 30 avril 2024