L’écosse : ça se mérite

Après plusieurs tentatives en échec sur les années précédentes, cette fin d’été 2026 semble être la bonne période pour réussir ce voyage vers l’Ecosse.

Notre projet initial prévoyait : ST CYR – LE TOUQUET – DUXFORD – HUMBERSIDE – ILE DE MAN – OBAN – BARRA – GLENFORSA – OBAN – ISLAY – NEWTONWARDS – WESTON – WATERFORD – LEE ON SOLENT – LE HAVRE – ST CYR ; la réalité dans le récit ci-dessous.

24 août 2026 : ST CYR – LE TOUQUET – DUXFORD

C’est le D-Day, les GAR (General Aviation Report), les plans de vols, la météo, l’avion et les 3 pilotes Emmanuel, Philippe S et Philippe P sont prêts au départ de St CYR.

La navigation vers Le Touquet, sans la négliger, ne présente pas de difficultés pour Philippe S et nous arrivons pour l’heure du déjeuner que nous prenons à l’hôtel Mercure (restaurant sur le terrain fermé le lundi). 

Pour la deuxième branche vers Duxford, passage par la douane cause sortie de Schengen et c’est Emmanuel qui prend les commandes. Tout va toujours bien pour la météo et c’est après une dizaine de minutes de vol et le survol de la Manche qu’il va falloir user des privilèges du FCL055 et laisser tomber la phraséologie française au profit de l’anglaise. La réception radio de « London Information » n’est pas d’une qualité extraordinaire mais assez compréhensible ; nous poursuivons la route qui nous mène jusqu’à Duxford avec la traversée de la Tamise et des zones aéronautiques de Stansted.

Nous sommes accueillis à Duxford par Charles, bénévole à la « Britsh Airliner Collection ». Nous avons droit à une visite VIP de la flotte en exposition sur le terrain, dont le Concorde 101, le seul à avoir volé à Mach 2.23, n’ayant jamais emporté de passagers, mais remplis d’appareils de mesure pour la mise au point du concorde avant les vols commerciaux.

La visite nous permet de monter à bord du BAe146 ayant transporté les membres de la famille royale britannique.

La soirée se poursuit à Cambridge dans le célèbre pub « The Eagle » très prisé des pilotes de la RAF pendant la seconde guerre mondiale. Malgré le décalage horaire (-1h), retour à l’hôtel et petite nuit avant notre deuxième journée.

25 août 2026 : DUXFORD – HUMBERSIDE – ISLE of MAN

Philippe P prend les commandes en direction de Humberside.

La navigation n’est pas très longue, mais un peu compliquée à l’arrivée avec un vent plein travers assez fort. Le contrôle nous donne la clearance pour une finale 02, mais nous demandons la 08 avec le vent dans l’axe. Le contrôle semble un peu débordé par 3 avions militaires de pilotes en formation initiale. Malgré notre plan de vol, il semble avoir du mal à nous trouver une place de parking… 

C’est notre halte déjeuner dans l’aérogare commerciale avant une remise en route par Emmanuel direction IoM (Isle of Man).  Le statut particulier de IoM nous a contraint à déposer un nouveau GAR (General Aviation Report) et un plan de vol.

Cette navigation d’ouest en est nous fait passer on top pour la traversée maritime et nous sommes attendus par le service de handling (3legsaviation) qui est obligatoire sur le terrain.Nous prévoyons de passer une nuit sur l’ile (connue également pour ses courses moto sur route à des vitesses pouvant atteindre les 300km/h https://www.iomttraces.com/).

Après recherche d’un hôtel pour la nuit, le service de handling nous emmène à la gare où nous prenons le petit train à vapeur pour rejoindre la capitale Douglas (retour dans l’ancien temps https://www.visitisleofman.com/experience/isle-of-man-steam-railway-p1291361 )

Lendemain matin, nous retournons en taxi sur le terrain et prenons le temps d’un point météo pour notre vol vers OBAN. Ce n’est pas top… ça aurait dû s’améliorer en fin de matinée mais force est de constater qu’il n’en est rien. Décision est prise de prolonger notre séjour sur l’ile de 2 jours et de louer une voiture (et conduite à gauche, volant à droite). 

Nous trouvons un magnifique logement dans un ancien moulin (https://westres.im). Le temps d’une éclaircie, nous reprenons la route vers le terrain pour un vol local autour de l’île. La météo n’est pas extraordinaire mais suffisante sans prendre de risques.  

28 août : ISLE OF MAN – OBAN

C’est le jour du départ pour l’Ecosse (notre destination !) ; le retour vers les espaces aériens britanniques est synonyme de GAR, plan de vol et sans parler du briefing météo quotidien. Tous les signaux sont au vert ; nous restituons notre voiture de location, payons nos frais de handling et taxes locales (affordable).

Philippe S en place gauche met en route et direction le nord. Après un court survol maritime, les cotes écossaises se dessinent et de magnifiques paysages se dressent devant nous.

De belles couleurs accompagnent la finale à OBAN, terrain qui dispose d’un libre-service pour l’essence (plutôt rare sur notre route jusqu’à présent). 

Nous rejoignons le centre d’Oban en taxi vers notre hôtel en bord de mer. Sur les conseils du chauffeur de taxi, diner dans un restaurant de fruits de mer sur le port et très agréable même si un peu bruyant (la rançon du succès).

Nous continuons la soirée par une balade sur le port et ses quais où est accosté le Fryderyk CHOPIN un magnifique voilier basé à Szczecin, ville où nous nous étions posés en DR400 en juin dernier ; quelle coïncidence !

29 août 2026 : OBAN – CARLISLE

Réveil assez matinal et retour sur le terrain avec notre charmant taxi de la veille où nous préparons notre machine pour Carlisle. Philippe P. est aux commandes et décolle vers le nord pour survoler les loch écossais en direction du loch ness et son légendaire Nessi. Nous observons une météo conforme à ce que nous avions prévu avec un plafond pas très haut mais nous profitons pleinement des magnifiques paysages écossais avec de belles lumières matinales.

Même si initialement, nous devions monter jusqu’au nord vers Inverness, la route du jour passe plutôt au sud-est d’Oban. Quelques dizaines de nautiques après avoir rebroussé chemin vers Oban sur une route entre les TMA de Glasgow et Edinburgh, nous passons on‑top en niveau de vol pour plus de confort mais moins de paysages.  Le transit en classe D de Glasgow est plutôt facile, si ce ne sont quelques contraintes cause trafics sur le terrain (contraintes d’altitude en QNH et pas en niveau de vol). 

Nous arrivons à Carlise en début d’après-midi accueillis en ce samedi par l’agent du bureau de piste très bavard et bienveillant. Nous nous installons à la cafétéria sur place pour un point météo et confirmer ou pas la branche suivante. Après hésitations mais prudence oblige, nous décidons de rester sur place. Ce choix nous donne beaucoup plus de temps et largement pour passer une bonne heure à discuter avec Paul et son collègue, deux pilotes qui faisaient escale sur le terrain ; discussions très portées sur les aberrations (sic) de l’aviation civile UK, les PPR, GAR et le fameux « squawk conspicuity » (7000) ; nous échangerons nos coordonnées et quelques noms de terrains sans PPR.La soirée dans cette ancienne ville romaine (et son château), séparée de l’Ecosse par le mur d’Hadrien, sera plus calme pour nous que dans les nombreux pubs présents très bruyants.

30 août : CARLISLE – LEICESTER – ISLE OF WIGHT

La journée aéronautique se veut être plus chargée que les précédentes et 2 vols sont prévus : le premier vers Leicester (sans PPR) avec Emmanuel aux commandes et le second vers l’ile de Wight avec Philippe S comme pilote.

Comme d’habitude, c’est le point météo qui nous occupe de longs moments ; la météo de fin d’après-midi semble se dégrader et il ne faut pas tarder. 

Nous décollons de Carlisle après un complément d’essence (nb : 50% de réduction sur la taxe si plus de 50l) et prenons une route vers l’est qui doit nous faire survoler les côtes anglaises. Mais le plafond n’est pas très haut en se rapprochant de la mer et assez rapidement nous passons on-top jusqu’à destination ou presque. 

L’arrivée à Leicester ne présente pas de difficultés et le personnel est très accueillant. En ce dimanche, nous constatons beaucoup d’activités sur le terrain. Après une petite pause à la cafétéria, nous repartons vers l’ile de Wight et plus particulièrement Sandown, terrain « No PPR, No High Viz , No miserable people »

La météo est déjà meilleure vers le sud et nous traversons, en vue du sol, la campagne anglaise et ses très nombreux anciens terrains de la RAF dont certains ont été transformés pour d’autres usages.

L’ile de Wight se rapproche et peu de monde dans le circuit, excepté un hélicoptère qui réalise des vols découvertes à l’occasion de la fête de fin d’été (et le musée du terrain est fermé). Après le posé sur cette première piste en herbe de notre voyage, l’agent AFIS nous dirige vers le parking.L’ambiance est très festive avec musique et buvette, ce qui nous permet de nous restaurer (rien d’extraordinaire) après ces deux vols du jour. L’agent AFIS vient nous rencontrer et discuter quelques instants dans un français très correct

Ça sent le retour et nous décidons de rester deux nuits sur Sandown ; l’offre hôtelière n’est pas très riche en cette période prisée par les britanniques mais nos recherches aboutissent sur un hôtel à Shanklin.

Balade en bord de mer avant de s’installer en terrasse d’un restaurant de fruits de mer (soi-disant). Le repas est décevant mais la petite glace un peu plus loin en front de mer est bien appréciée. 

Le second jour sera consacré au repos et balades dans les rues de Shanklin, au bord de mer. Notre dernière soirée se termine dans un pub où le patron nous interpelle dans la rue pour venir prendre un verre ; c’est son dernier jour ! L’établissement ferme définitivement. Le fils de 15 ans joue du piano ce soir, chante et on ressent la fierté des parents (qui lui ont fait apprendre le piano depuis l’âge de 4 ans).

1er septembre 2026 : ISLE OF WIGHT – ALDERNEY – LE HAVRE – SAINT CYR

C’est une longue journée aéronautique qui s’annonce avec 3 vols, 1 GAR, 1 PPR, une demande de douane et une route pas forcément la plus directe mais on a du mal à quitter les terres anglophones. 

Emmanuel décolle de Sandown pour une traversée maritime direction Alderney, cette petite ile des iles anglo-normandes. A l’arrivée nous croisons un anglais avec son DR250 (tellement proche de nos DR221). Il fait beau et c’est en terrasse d’un petit restaurant conseillé par l’agent sur le terrain que nous prenons notre premier Fish&Chips du séjour !

L’estomac plein (ou presque) nous rejoignons à pied le terrain et notre avion, en même temps que l’embarquement du vol vers Southampton. Philippe S met en route et décolle plein est vers Le Havre via les plages du débarquement. L’activité est plutôt soutenue en cette fin d’après-midi au Havre et les douaniers nous attendent pour le contrôle du même nom.

On se rapproche de la fin et c’est Philippe P qui prend les commandes du dernier vol vers St Cyr. Les zones d’Évreux ne sont pas actives ce qui réduit un peu la navigation et rapidement nous apercevons les cheminées de Mantes. St Cyr est en auto-information en ce jour et en mono-piste, on rappelle sud de Maule, travers Feucherolles et les serres avant de se poser en 29G. C’est ensuite la routine pour vider l’avion, le nettoyer, renseigner les carnets de route, ranger bâches/piquets/gilets…

Ce flying tour de 9 jours s’achève après 18h50 de vols et 1700NM parcourus en DR400-180cv

Quelques enseignements VFR :

  • « Squawk conspicuity » pour Transpondeur 7000
  • Le vol en niveau pas forcément demandé, en QNH on vole en altitude 
  • Privilégier des terrains sans PPR c’est pas mal
  • Le briefing météo obligatoire et recouper entre les modèles, les cartes des fronts
  • Savoir être flexible sur l’itinéraire en tenant compte des PPR et GAR
  • Taxis, hôtels réservés à l’arrivée
  • Le transit en class D c’est possible et « remain outside control airspace » avant la clairance et le contrôleur informe en entrée « radar control, VFR » avant de revenir en « basic service » en sortie.